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FAIT DU JOUR Saint-Hilaire-de-Brethmas voit l’avenir en bio

Jean-Michel Perret et Henri Roche, qui a installé son activité de maraîcher en 1974 à la Lègue. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard

La municipalité de Saint-Hilaire-de-Brethmas souhaite développer une production maraîchère bio sur les terres du hameau de la Lègue, en bordure du Gardon. Un projet qui permettrait de fournir des fruits et légumes en circuit court sur le bassin alésien, mais aussi de réduire le risque inondation…

Il fut un temps où le hameau de la Lègue, situé en zone inondable, comptait bon nombre d’agriculteurs. Et puis, au fil des années, certains exploitants agricoles sont partis à la retraite sans passer la main, d’autres ont abandonné leur activité, trop difficile, et beaucoup de terrains sont aujourd’hui en friche, en fauchage ou dédiés à la culture du blé dur et du tournesol. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : entre 2010 et 2015, la commune enregistre une diminution de 65% du nombre d’exploitations agricoles, s’accompagnant d’une baisse de 30% de la surface agricole utile.

Une plaine « très fertile »

Pour redonner sa vocation première à cette plaine de 88 hectares, qui n’est pas constructible du fait de sa situation en zone inondable mais « très fertile », la mairie souhaite, en partenariat avec les 90 propriétaires des 225 parcelles, favoriser l’installation de nouveaux agriculteurs. « Les grands discours sur l’agriculture biologique, les circuits courts et l’approvisionnement des cantines scolaires en produits locaux, il faut à un moment donné les mettre à exécution », commente Jean-Michel Perret, le maire de la commune.

« Les producteurs déjà en place vendent à 300% et l’offre n’est pas suffisante, poursuit-il. Il y a de réels débouchés en termes de vente, que ce soit sur le marché de l’Abbaye, avec les restaurateurs, les épiceries, etc. Et nous pourrions aussi alimenter les cantines d’Alès Agglomération. »

Le projet a obtenu l’approbation de plusieurs partenaires comme l’Europe via le Feader (*), la Région et le Département, soit 90% de subventions. Par ailleurs, la Chambre d’agriculture et la Safer (**) ont été missionnés sur les aspects fonciers, techniques et économiques. « Il faut contacter les propriétaires afin de savoir si certains sont prêts à vendre, ou bien à mettre leurs terrains en location ou en gestion. Il y a un ensemble de solutions à discuter, sachant qu’il faut que l’activité soit viable pour les agriculteurs qui s’installeront », explique Michaël Fourel, directeur départemental de la Safer.

« Ce sont eux les principaux acteurs du projet », rappelle Claudie Huguet Carmona, élue déléguée au développement durable. Des bâtiments d'exploitations seront également construits hors de la zone inondable pour stocker le matériel, accéder aux champs sans avoir à traverser la route de Nîmes et permettre de faire de la vente directe.

Quid du risque inondation ?

On l’a vu, le hameau de la Lègue est aux premières loges en cas d’inondations. « Ces eaux peuvent être aussi bien bénéfiques que dévastatrices pour ces terres », précise le maire. Afin de protéger les parcelles contre ce risque, la commune projette de travailler avec le syndicat mixte EPTB Gardons « pour créer une ripisylve qui servirait de peigne à embâcles et stopperait tout ce que le Gardon charrie », explique Jean-Michel Perret. Autrement dit, une opération de boisement des berges de la rivière permettrait d’atténuer l’impact des crues et de préserver ainsi les terres agricoles.

Avant d’en arriver là, et le chemin risque d’être encore un peu long, la mairie organise dans un premier temps une réunion publique, vendredi 5 juillet, à 18h30, en mairie (salle des mariages) pour informer les habitants et recenser les propriétaires prêts à soutenir le développement du maraîchage bio dans leur hameau.

Élodie Boschet

* Feader : Fonds européen agricole pour le développement rural.

** Safer : Société d’aménagement foncier et d’établissement rural.

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Elodie Boschet

Elodie Boschet, journaliste à Objectif Gard depuis septembre 2013.

1 commentaire sur “FAIT DU JOUR Saint-Hilaire-de-Brethmas voit l’avenir en bio”

  1. En même temps difficile d’oublier que le même maire autorise la réalisation d’un parking pour le centre commercial Porte Sud en pleine zone inondable dans le PPRI classe aléas fort, classement que le bureau d’étude du promoteur n’a pas pu contester auprès de la DDTM, la modélisation demandée par cette dernière n’a pas convaincu leur service. Ces parcelles font office de champ d’expansion des crues, elles auraient pu convenir pour un projet agricole intéressant vu leur taille et leur positionnement. Le projet du maire de St Hilaire est magnifique, mais il faudrait un peu de cohérence, il est vrai que les municipales ne sont pas loin. Quid des terres agricoles sur l’ex ZAD? Des agriculteurs de la commune ont déjà franchi le pas de la conversion en bio en vigne comme en céréale, pourquoi ne pas sanctuariser les terres agricoles de l’ex ZAD dans le futur Plu? Ce serait un véritable progrès dans la protection de ces espaces? Mais le Plu sortira t’il avant les élections? …..

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