Faits Divers

NIMES L’affaire du caillassage des policiers de Bagnols-sur-Cèze au tribunal

Le commissariat de police de Bagnols (Photo d'archives : Thierry Allard / Objectif Gard)

Ce mardi matin, c’est l’affaire des violences sur des policiers à Bagnols-sur-Cèze, qui s’est tenu en comparution immédiate. Dans cette affaire un peu compliquée, comparait Hamdi. Un jeune homme de 27 ans, déjà condamné pour des petites affaires de recel, conduite sans permis, outrage…

Il est poursuivi pour violence sur une personne dépositaire de l’autorité publique, sans incapacité, dégradations ou détérioration de bien destiné à l’utilité ou à la décoration publique.

Comme le rappelle le président du tribunal Olivier Mathé, ce jour-là, le 17 juin dernier, les policiers de Bagnols-sur-Cèze sont amenés à intervenir pour une opération concernant une infraction à la législation sur les stupéfiants. Trois véhicules de police sont alors caillassés lors de cette opération. À plusieurs reprises les policiers doivent même se réfugier dans leurs voitures pour éviter les cailloux lancés par un groupe d’une cinquantaine de personnes.

C’est lors de son retour dans son véhicule qu’une jeune femme policière reçoit une pierre sur le haut de l’épaule droite. « Cela n’a pas occasionné de blessures, c’est vrai, mais une grande peur, la pierre était grosse (390 g) et aurait pu me toucher à la tête par exemple. C’est aussi un vrai questionnement. Pourquoi tant de déchainements de violences, nous sommes des policiers, nous sommes là pour aider les gens », questionne la victime, toute menue, à la barre des témoins.

Après les jets de pierre, les policiers font notamment saisir deux cailloux, de 390g et 845g. Sur le premier est présent un seul ADN, vérification faite il s’avère que c’est celui d’Hamdi.

Rapidement interpellé sa garde à vue est compliqué, il refuse de signer quoi que ce soit et réponds à très peu de questions. Toutefois il affirme n’avoir touché à aucune pierre sur place. C’est devant le juge d’application des peines qu’il va changer de version en affirmant alors qu’il voulait éloigner les pierres du groupe de jeunes pour ne pas qu’ils les lancent aux policiers. Une version qu’il continue à maintenir dans le box du tribunal expliquant que les enquêteurs n’avaient pas voulu prendre en compte sa version.

La victime a expliqué sa version des faits en précisant qu’elle n’avait pas pu voir et encore moins identifier la personne qui lui avait jeté la pierre. L’avocat de l’auteur, Samir Hamroun, précise que « les forces de l’ordre sont des boucliers, mais dans certains quartiers se sont aussi des proies ». Pour le procureur Eric Maurel : « il s’agit bien là d’une guerre de territoires avec d’un côté les policiers et de l’autre les trafiquants de drogue qui veulent protéger leur territoire. Au vu des faits on est à la limite de l’embuscade ».

Il poursuit en précisant « il faut envoyer un message clair, dans ces sites. Nous protégeons les policiers et nous réprimons les trafiquants qui s’en prennent à eux ». Il va requérir 8 mois d’emprisonnement et le maintien en détention.

L’avocat de la défense va porter sa plaidoirie sur la notion et la valeur de la preuve expliquant qu'"il faut aller au-delà de l’intime conviction et bien se poser la question de l’imputabilité de la preuve envers l’auteur ».

Après en avoir délibéré, le tribunal condamne l'auteur à 6 mois d’emprisonnement avec un maintien en détention.

Franck Chevallier

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