Faits Divers

NÎMES Le chef d’entreprises condamné pour des insultes et des violences sur des policiers

(Photo d'illustration : ObjectifGard)

À 2 heures du matin, ce mercredi 24 février, un gérant de sociétés nîmois de 42 ans s’en est pris verbalement et physiquement à quatre policiers après une soirée alcoolisée.

Une soirée entre deux couples d’amis dégénère. L’alcool consommé par les différents protagonistes y est certainement pour beaucoup. « On avait pris l’apéritif, puis cinq ou six bouteilles de vin et du rhum », se souvient l’accusé, Jérémie, à la barre du tribunal correctionnel de Nîmes où il était jugé en comparution immédiate jeudi matin.

« Vous aviez 1,28g d’alcool dans le sang près de 12 heures après la soirée », note la présidente Sandrine Lalande qui rappelle au passage, qu’en raison du couvre-feu, la soirée aurait dû se finir à 18h - ou ne jamais commencer - et que le prévenu, qui habite à 200 mètres de chez ses amis, aurait pu venir à pied. Bref, ce dîner arrosé se termine par une dispute qui contraint les policiers à intervenir. En arrivant sur place, ils constatent que Jérémie est particulièrement énervé. Il mime un homme qui tire avec une mitraillette, insulte les policiers, tente de leur porter des coups de tête et donne un coup de poing à une fonctionnaire.

Dans le box du tribunal, le quadragénaire n’en mène pas large. S’il se souvient plutôt bien de sa consommation d’alcool, ses souvenirs s’estompent au moment des violences policières qu’il ne remet toutefois pas en cause. Surtout qu’il n’en est pas à son coup d’essai : Jérémie a quatre condamnations sur son casier judiciaire, dont trois pour des violences et une pour conduite en état d’ivresse. Cette fois, il encourt clairement une peine de prison ferme.

Mais son profil plaide incontestablement en sa faveur : patron de plusieurs sociétés, marié, deux enfants. « Vous n’avez pas le profil habituel », constate la juge. Pressentant peut-être qu’il pourrait être reproché une justice à deux vitesses - comme l’écrivait Jean de la Fontaine : « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir » - le procureur Willy Lubin anticipe : « Je ne veux pas qu’on dise à Nîmes, qu’on soit gérant d’une société ou quelqu’un d’un quartier, que la justice sera rendue de telle ou telle façon. Les études ou ce qu’il a fait dans la vie ne doivent pas être un paravent », indique-t-il avant de requérir une peine de 10 mois de prison dont la moitié avec sursis, sans toutefois s’opposer à un aménagement de peine pour la partie ferme.

On ne sait jamais comment cela doit être interprété, mais maître Baptiste Scherrer, pour la défense de Jérémie, félicite le procureur pour ses réquisitions. Pour lui, son client a certes eu « un comportement immature », mais une incarcération « mettrait en péril sa société et ses salariés ». Le tribunal entend l’argument et permet à l’accusé de ressortir libre en le condamnant à un an de prison dont quatre mois avec sursis et une obligation de soigner ses problèmes d’alcool. La partie ferme, de huit mois, est aménageable. Il devra enfin verser 1 800€ aux policiers. « C’est le dernier coup de semonce, prévient la juge. Au prochain dérapage, ce sera de l’emprisonnement ferme avec mandat de dépôt ». Jérémie, qui l’a échappé belle, respire à nouveau.

Tony Duret

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Tony Duret

Tony Duret, journaliste à Objectif Gard depuis juin 2012.

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