Bagnols-UzèsPatrimoine

AIGUÈZE La petite histoire d’une grande Marianne

En 1972, cette Marianne avait été choisie pour une exposition à Paris, grâce à ses dimensions exceptionnelles. (Marie Meunier / Objectif Gard)

À l'étage de la mairie d'Aiguèze, dans la salle du conseil municipal, se dresse un imposant buste de Marianne. Haute d'au moins un mètre et pesant plusieurs dizaines de kilos, cette statue présente une histoire bien particulière.

En 1889, Jean-Antoine Injalbert sculpte une Marianne, à l'occasion du centenaire de la Révolution française. La commune d'Aiguèze possède une copie en plâtre aux dimensions impressionnantes.

Jean-Antoine Injalbert est né à Béziers au milieu du XIXe siècle. Il a mené une belle carrière : prix de Rome en 1874 pour "La Douleur d'Orphée", membre de l'Académie des Beaux Arts de l'Institut de France en 1905... Il a aussi présenté son oeuvre "le Christ" à l'exposition universelle de Paris en 1878. Événement où il obtiendra un grand prix l'année suivante.

C'est en cette même année de 1889 qu'il a reçu la commande de l'État pour réaliser le buste de Marianne. Ce buste devient alors l'un des plus répandus dans les mairies et les écoles françaises de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Les nombreuses copies de la Marianne d'Injalbert furent distribuées par wagons à l'époque, le long des voies de chemin de fer reliant les préfectures à Paris.

Cette "allégorie de la République" présente plusieurs caractéristiques : bonnet phrygien orné d'une cocarde, un visage énergique et une bouche entrouverte laissant penser qu'elle entonne le refrain de la Marseillaise. Grâce à ses dimensions atypiques, la Marianne aiguezoise a été choisie en 1972 pour être faire partie d'une exposition à Paris. Elle a été organisée par Pierre Bonte, animateur de l'émission radio "Bonjour Monsieur le maire". Au fil des épisodes, il a vu défilé des dizaines et des dizaines de Marianne en mairie. Mais toutes étaient différentes. C'est comme cela qu'il a eu l'idée de cette exposition dans la Capitale où une cinquantaine de sculptures étaient visibles.

Depuis la Marianne a retrouvé son promontoire à Aiguèze et demeure le témoin familier des débats des conseils municipaux et des mariages.

Marie Meunier

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Bouton retour en haut de la page

Adblock détecté

S'il vous plaît envisager de nous soutenir en désactivant votre bloqueur de publicité