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LA GRAND’COMBE De la ruche à la vente : un projet d’insertion 100% féminin

Une partie de la municipalité grand'combienne entourée des représentants des organismes d'insertion. (Photo Corentin Migoule)
Une partie de la municipalité grand’combienne entourée des représentants des organismes d’insertion. (Photo Corentin Migoule)

Aider 20 mères célibataires isolées à retrouver une dynamique d’insertion par l’emploi à travers une pratique artisanale tournée vers l’écologie, telle est la vocation du projet porté par la municipalité grand’combienne. 

Si La Grand’Combe est tristement connue pour son taux de chômage record (près de 40%), la commune se distingue par la résilience de ses élus qui s’échinent à combattre ce fléau. Aux premières loges, Sébastien Migliore, adjoint délégué au Développement économique et à l’insertion, récemment à l’origine de l’implantation d’un campus de formations et d’initiatives sur la commune, porte un projet d’insertion 100% féminin.

L’élu grand-combien est parti d’un constat : « Il y a 55% de familles monoparentales sur la commune. La plupart d’entre elles sont des femmes seules avec des enfants. On connaît toutes les responsabilités qui en incombent et bien souvent elles sont obligées de faire une croix sur leur carrière professionnelle. » Afin que ces dernières n’aient plus à le faire, la municipalité a invité plusieurs partenaires à s’associer à l’aventure. Ainsi, Pôle emploi, Relais emploi, Cap emploi 30, l’association Tedac, l’association Raison de plus et la Caisse d’allocations familiales unissent leurs forces pour mener à bien un projet qui, de l’avis du maire, Patrick Malavieille, est « le premier du genre dans le département ».

200 kilos de miel espérés

Concrètement, il s’agira de proposer, dès le mois d’avril prochain, des contrats de travail rémunérés de 20 heures sur quatre semaines à une vingtaine de jeunes femmes. Spécialité cévenole, apprécié pour ses vertus, le miel est la tête d’affiche de ce projet d’insertion. Assistées d’un apiculteur, lequel pourrait bien être Philippe Lopez, créateur du Dinopédia Parc, les 20 mères de famille qui seront sélectionnées par Pôle emploi prendront part à l’intégralité du processus. « C’est tout un cheminement qui comprend la production, la transformation, la mise en pot, l’étiquetage, la vente directe et le démarchage », prévient Sébastien Migliore.

Et d’ajouter : « Notre objectif c’est de se poser comme un facilitateur pour leur remettre le pied à l’étrier et leur redonner envie de travailler. » Son comparse, Brahim Aber, directeur du centre social de la commune qui accueillera au besoin les enfants des mamans durant leur temps de travail, voit déjà plus loin : « On ne se contentera pas de mettre le miel en pot. On peut imaginer des produits dérivés tels que des bonbons. Ensuite, dans les années à venir, on apportera des variantes à ce projet pour lui donner plus de consistance. »

Mais dans les mois qui arrivent, ce sont bel et bien les abeilles qui seront choyées. Et si l’emplacement qui accueillera une dizaine de ruches n’est pas encore défini, Brahim Aber espère porter la production de miel à hauteur de 200 kilos, tout en étant conscient des aléas climatiques. « La particularité, c’est qu’il y aura un produit fini et qu’on va tenter de générer un chiffre d’affaires. Il n’y a rien de plus beau pour ces femmes que d’être valorisées par le produit qu’elles créent elles-mêmes », ose-t-il croire.

« On leur ouvre des portes »

D’autant que le réseau de distribution est déjà ciblé. « On a des contacts avec l’Intermarché de la commune, la pharmacie Agnès Praden et Dinopédia Parc. Imaginez cet été un touriste hollandais ou allemand qui viendrait visiter le parc à dinosaures, achèterait un pot de miel en partant et le ramènerait dans son pays. Ce serait magnifique ! », projette Brahim Aber, sans omettre de préciser que la commune accueille aussi « deux beaux marchés le mercredi et le samedi ».

« C’est important de montrer le chemin à ces personnes en difficulté. On leur ouvre des portes tout en leur rappelant à quel point les abeilles sont importantes pour la planète », apprécie Patrick Malavieille. Et Cathy Chaulet, vice-présidente du Département déléguée à la Qualité alimentaire, de conclure : « Je retiens aussi le côté éducatif autour de l’apiculture et la biodiversité. Il y aura peut-être un élargissement à opérer avec les enfants. » Assurément, ce projet d’insertion 100% féminin a de beaux jours devant lui. Si la mayonnaise venait à prendre, les premiers pots de miel pourraient être vendus et dégustés à la fin de l’année.

Corentin Migoule

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