Publié il y a 2 mois - Mise à jour le 18.12.2025 - Rose Macauley - 4 min  - vu 2103 fois

AU PALAIS Ce coach agresse sexuellement un très jeune handballeur

gendarmerie, justice, palais de justice, tribunal judiciaire Nîmes

L'affaire a été jugée devant le tribunal correctionnel de Nîmes en formation collégiale, ce mardi 16 décembre.

- Rose Macauley

Attouchements, sollicitation et détention d’images pédopornographiques. Ce coach de handball gardois comparaît devant le tribunal correctionnel de Nîmes, ce mardi.

Ancien joueur de handball, le prévenu s’est rapproché notamment de deux de ses victimes bar le biais de sa fonction de coach au sein d’un club nîmois, durant l’été et le début de l’automne 2024. Il comparait ce mardi 16 décembre devant le tribunal correctionnel de Nîmes pour avoir sollicité des images pédopornographiques à un mineur, pour agression sexuelle et pour détention d’images à caractère pédopornographiques. C’est grâce au courage de l’une de ses victimes, que nous appellerons Antoine*, que les sévices de l’homme de 26 ans au moment des faits ont pris fin.

Régulièrement amené à partager le véhicule du coach pour se rendre à ses entraînements et regagner son lieu de vie, Antoine, en sport-étude près de Nîmes, raconte avoir été confronté à des comportements déplacés de son entraîneur, surtout à deux occasions. Une fois, après l’entraînement, le jeune garçon âgé de 15 ans au moment des faits s’est plaint d’une douleur aux genoux. Prétextant vouloir en trouver l’origine, son coach lui a touché le genou puis la cuisse. Gêné, l’adolescent expliqué : « Je lui ai dit que je n’avais pas mal à la cuisse ». Remarque qui a calmé les ardeurs du coach de handball.

« Il m’a touché les parties »

Un second épisode ambigu a convaincu le garçon de réagir. La semaine suivante, de nouveau installé dans le véhicule du prévenu, son téléphone portable coincé entre ses cuisses, Antoine raconte avoir subi un attouchement de la part de son coach. « Il a pris mon téléphone d’un coup et m’a touché les parties génitales », explique le jeune homme, maintenant en classe de Première, face au tribunal et à deux pas de son agresseur présumé. À la suite de cet événement, l’adolescent a dénoncé les faits qu'il avait subis à la Conseillère principale d’éducation (CPE) du lycée dans lequel il était récemment inscrit. C’est grâce à ce signalement que l’action publique a pu être mise en route. « Merci les gars, c’est courageux de dénoncer un adulte », lance Jean-Luc Vasserot, procureur de la République, aux deux victimes présentes à l’audience.

Un autre jeune, que nous appellerons Charles* a également subi les fantasmes du prévenu. Âgé de 14 ans au moment des faits, il n’appartient pas au groupe coaché par le prévenu. Un obstacle qui n’a pas empêché le prévenu de se rapprocher de lui. Leur relation a été surtout virtuelle par le biais d’échanges de nombreux messages. Mais le point de non-retour a vite été atteint. « Il m’envoyait de plus en plus de photos de sa tête, puis de ses abdos et après, il allait de plus en plus bas », explique Charles, aujourd’hui en seconde. L’homme d’une vingtaine d’années lui aurait donc envoyé des photos à caractère sexuel allant jusqu’à des vidéos de lui en train de se masturber.

« C’était le coach »

Pris à partie par le prévenu à l’issue d’un entraînement, ce dernier lui aurait dit « quand je t’envoie des photos, tu dois suivre ». Intimidé par la figure d’autorité qu’il représentait, le jeune adolescent est rentré dans son jeu et lui a donc envoyé des photos similaires. « J’avais honte d’en parler, j’avais peur. C’était le coach », ajoute Charles, désireux de devenir professionnel du handball et souhaitant être bien vu par son entraîneur.

Interpellé et placé en garde-à-vue, le prévenu a reconnu une grande partie des faits. Pour se justifier, il explique avoir eu une relation de confiance avec Charles : « Il m’appelait quand ça n’allait pas, c’était de l’amitié ». Une affirmation qui a fait bondir Jérôme Reynes : « Ce n’est pas une relation d’amitié, vous êtes dans une démarche pour obtenir des nudes ». L'homme soutient tout de même ne pas avoir agressé sexuellement Antoine : « Je pense qu’il a interprété des gestes innocents », lance-t-il. Après une perquisition de son logement, de nombreuses photos et vidéos pédopornographiques ont été retrouvées dans ses appareils électroniques. Est précisé en procédure que ses recherches tournaient autour de jeunes garçons « imberbes ». Placé en détention provisoire, il a ensuite été remis en liberté conditionnelle, jusqu’à ce mardi 16 décembre, jour de son jugement.

4 ans d’emprisonnement

« Depuis qu’il est né, il se sent seul », lance la bâtonnière, Maître Iris Christol, intervenant pour la défense du prétendu agresseur. « En matière de maturité sexuelle et affective, il est à – 600 », ajoute-t-elle. Incarcéré pendant 10 mois dans le cadre de sa détention provisoire, il n’a pas supporté d’être enfermé. « C’est la personne la moins adaptée au milieu carcéral que je n’ai jamais vu », lance la bâtonnière, appuyant son propos sur la fragilité émotionnelle et affective du prévenu et sur les antécédents d’agression sexuelles qu’il a lui-même subi, à l’âge de 8 ans. Intervenant en dernier, le prévenu a tenu à avoir un mot pour les victimes : « Je souhaite m’excuser auprès d’eux pour ce que j’ai fait », lance le prévenu.

Après délibération, le tribunal a déclaré le prévenu coupable de l’ensemble des faits lui étant reprochés. Il a alors été condamné à 4 ans d’emprisonnement, dont 25 mois assorti d’un sursis probatoire. Disposant d’un casier judiciaire vierge, la partie ferme de sa peine a été aménagée sous la forme d’un bracelet électronique. Dans le cadre de son sursis probatoire, il devra obligatoirement s’inscrire dans un processus de soin. En parallèle, il est condamné à un suivi socio-judiciaire de 5 ans. En cas d’inexécution, il risque 3 années de détention. À la suite de cette condamnation, il est inscrit au Fichier des auteurs d’infractions sexuelles. Lui est également interdit, à titre définitif, d’exercer toute fonction professionnelle ou bénévole en lien avec des mineurs.

*Les prénoms des deux mineurs ayant témoignés ont été modifiés dans le but de préserver leur anonymat.

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