« J’engage ma responsabilité déontologique », lance maître Charlène Neveu-Sanchez à la barre du tribunal correctionnel de Nîmes. Intervenant pour la défense du jeune Hassane, l’avocate avignonnaise a décidé de plaider, malgré la grève des avocats en cours depuis plusieurs semaines. Prolongée par une décision de l’assemblée générale de ce 22 avril, la grève des avocats nîmois protestant contre la loi « Sure », a été étendue aux avocats choisis. La conséquence : l’absence de plaidoirie jusqu’alors limitée aux avocats commis d’office a été élargie aux avocats désignés en amont par leurs clients. Une nouvelle ligne de conduite qui a été questionnée ce matin du 24 avril 2026.
Suite à une demande de renvoi concernant le dossier du jeune homme, prévenu pour transport, détention, offre, cession et acquisition de stupéfiants, son avocate a tenu à prendre la parole. « En principe, on ne plaide pour rien », lui notifie sa consœur nîmoise, seule présente à l’audience. Soulignant avoir obtenu l’accord du bâtonnier du Barreau d’Avignon pour plaider concernant les mesures de sûreté, maître Charlène Neveu-Sanchez a sollicité le placement sous bracelet électronique de son client. Une demande s’opposant à celle d’Arnaud Massip, procureur de la République, qui a requis le maintien en détention de Hassane, qu’il décrit comme « un garçon qui a fait le choix de l’argent facile ». Une allégation qui se justifie par le parcours étonnant du prévenu. « Ce n’est pas tous les jours qu’on a des trafiquants avec un master », ajoute le ministère public.
Suite au délibéré, le prévenu, chemise blanche sur le dos, a été maintenu en détention provisoire dans l’attente de son procès, qui surviendra le 27 mai prochain. De son côté, l’avocate assurant sa défense s’expose à des poursuites disciplinaires, malgré son rattachement au Barreau d’Avignon, qui ne participe désormais plus à la grève.