Enfin, elle a réussi ! Depuis plusieurs années, la galeriste nîmoise souhaitait faire venir les sculptures de verre de Xavier Le Normand. L’exposition présente aussi, feria oblige, deux aquarelles d’Yves Brayer consacrées à l’univers camarguais. Parmi elles, La Barrera à Nîmes de 1968, où les arènes apparaissent dans des tonalités terracotta traversées de touches abstraites.
Pierre précieuses
L’artiste verrier développe un univers où la matière change constamment d’apparence. Certaines pièces jouent sur la transparence, d’autres au contraire deviennent opaques.« On ne cherche pas forcément la transparence », explique Marie-Jean Heleine, à propos de certaines œuvres vertes « façonnées comme on traite un bronze ». Une approche rare dans le travail du verre soufflé, confie la galeriste nîmoise.
Chaque pièce porte le nom d’une pierre précieuse, référence directe au parcours initial de Xavier Le Normand, formé à la bijouterie avant de se tourner vers le verre. Quartz blanc, péridot, saphir, Paraíba cette pierre brésilienne réputée pour ses reflets bleu piscine, deviennent ainsi des architectures compactes traversées par la lumière de la galerie. Certaines œuvres utilisent la technique de l’overlay, procédé suédois basé sur la superposition de couches de verre. Les sculptures sont ensuite retravaillées à froid, sciées, taillées puis abrasées.
Formes marines
L’exposition présente la série des « Planètes » et d’œuvres inspirées des fonds marins. Verre soufflé mêlé au métal, argenture, socles brûlés, carapaces organiques. Certaines sculptures évoquent des créatures marines ou des fragments extraterrestres. « On dirait un alien des fonds marins », lance la galeriste devant l’une des pièces baptisée Carapace. Le travail de Xavier Le Normand repose justement sur cette ambiguïté permanente. Le verre perd sa légèreté habituelle. Il devient dense, terrestre, travaillé comme du bronze.
Marie-Jean Heleine rapproche aussi certaines œuvres de palimpsestes, ces manuscrits anciens réécrits au fil du temps. Une impression de traces, de couches et de réécritures qui traverse plusieurs pièces de l’exposition. L’exposition présente aussi, feria oblige, deux aquarelles d’Yves Brayer consacrées à l’univers camarguais. Parmi elles, La Barreira à Nîmes de 1968, où les arènes apparaissent dans des tonalités terracotta traversées de touches abstraites. Marie-Jean Heleine évoque un traitement “à la Matisse”, rare chez Brayer, à la fois figuratif et abstrait. Une seconde aquarelle représente trois gardians et des Arlésiennes à cheval, dans une approche qu’elle décrit comme particulièrement moderne dans l’œuvre du peintre.
Infos pratiques
Exposition Xavier Le Normand
Galerie MJH
2 rue Auguste Pellet à Nîmes
Renseignements au 06 18 99 70 10 ou au 09 55 57 58 26
Mail : info@galerie-mjh.fr
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