« Je regrette énormément (...), lance le prévenu. Je n’imaginais pas que cela pouvait avoir un poids ». Le quinquagénaire admet avoir envoyé ces messages à son neveu, mais nie toute connotation sexuelle. C’est pour des faits ayant pris place entre 2018 et 2023 que le prévenu est devant la justice, ce mardi 12 mai. L’homme a envoyé des messages à son neveu, mineur à l’époque, dont le contenu semble peu adapté à une conversation familiale. D’autant plus lorsqu’il s’agit d’une conversation entre un tonton et son neveu. Il est aussi prévenu pour des faits d'exhibition sexuelle face à son second neveu, datant de 2023.
C’est le plus grand de la fratrie qui a alerté ses parents après avoir constaté que son oncle avait également des comportements malsains avec son frère. Après avoir demandé à son neveu s’il était seul et capable de garder un secret, Cyril envoie « J’ai le boxer en chapiteau », accompagné d’une photo illustrant son propos. Un autre message est également rapporté par le président : « Je viens de me réveiller et c’est tout raide ». Une référence faite à ce qu’il se passe dans son pantalon, plus qu’à une nature de cheveux ou une côte un peu difficile à grimper. L’homme se défend en expliquant qu’il est simplement un homme « normalement constitué » au réveil. Normal. Il dit ne rien avoir demandé en retour, ni photo ni avis.
Après un trauma crânien, il devient bisexuel
Lors d’un examen psychologique effectué en 2024, Cyril a déclaré être « bi refoulé ». Une orientation sexuelle qui lui aurait été révélée à la suite d’une chute de cheval, qui lui a vallu un traumatisme crânien. Un lien entre cette bisexualité et l’affaire est hypothétique, selon les experts. Alors que l’avocat des victimes demande 5 000 € par enfants au titre de leur préjudice moral, la procureure de la République, Nathalie Welté, nuance. La volonté de corruption de mineur n’est pas remise en question, bien que les faits soient jugés non réprimandables, et l’exhibition sexuelle ne serait pas le terme adapté à la situation. Elle requiert alors un sursis probatoire de 2 ans dans le cadre duquel il aura l’obligation de ne pas entrer en contact avec les deux victimes.
Intervenant pour la défense du prévenu, maître Rémy Nougier, reste ferme. À l’occasion de sa plaidoirie, il souligne que les messages ne seraient pas de nature sexuels et que la volonté de corruption de ses deux neveux reste contestée par Cyril : « Ce ne sont pas des hypothèses qui construisent les certitude », lance-t-il à l’attention du tribunal. Après délibération, le casier judiciaire de Cyril reste vierge. L’homme de 54 ans a été relaxé, faute d’éléments permettant de caractériser la corruption de mineurs. En espérant que, malgré tout, le passage à la barre le dissuadera d’envoyer la sienne à d’autres mineurs, de sa famille ou non. Dans l’attente, Édouard Le Jan lui a recommandé de poursuivre ses sérances chez le psychothérapeute…