La nouvelle édition des Cartes de France de l’accès aux soins, réalisée avec le soutien de la Fondation Jean-Jaurès pour Doctolib, bouscule plusieurs idées reçues sur les déserts médicaux. Appuyée sur plus de 230 millions de consultations réalisées en 2025 et sur les témoignages de près de 8 000 patients, l’étude offre un regard inédit sur l’accès aux soins, les dynamiques territoriales et les parcours des patients. Oui, le manque de médecins reste une réalité dans certains territoires. Les délais demeurent particulièrement élevés pour certaines spécialités : 42 jours en cardiologie, 32 jours en dermatologie. À l’inverse, les professions du premier recours conservent des délais relativement courts : trois jours pour un généraliste, six jours pour un kinésithérapeute, huit jours pour un pédiatre. Mais l’étude montre surtout que la démographie médicale ne suffit plus à expliquer les difficultés d’accès aux soins. Certaines spécialités améliorent leurs délais malgré des effectifs stables. L’ophtalmologie, par exemple, a divisé ses délais par deux en huit ans grâce à une meilleure organisation des soins et au développement du travail aidé. À l’inverse, la cardiologie voit ses délais s’allonger alors même que le nombre de praticiens progresse. Le sujet n’est donc plus seulement celui du nombre de soignants, mais celui du temps médical utile : comment mieux organiser, coordonner et fluidifier les parcours de soins pour rendre l’offre plus accessible. Les outils numériques jouent ici un rôle croissant. L’étude montre qu’un accès rapide à un rendez-vous permet d’éviter de nombreux passages inutiles aux urgences, dans un système hospitalier déjà sous forte tension. La téléconsultation participe également à cette évolution. Elle ne remplace pas le soin présentiel, mais constitue un complément efficace lorsqu’elle est utilisée à bon escient. Elle permet souvent un accès plus rapide aux soins tout en préservant la relation entre le patient et son médecin. Au fond, cette étude invite à dépasser une vision simpliste des déserts médicaux. La santé de demain dépendra moins de la seule répartition géographique des médecins que de notre capacité collective à mieux organiser le temps médical et orienter chacun vers le bon soin, au bon moment, au bon endroit. C’est sans doute là que se situe aujourd’hui le véritable défi, mais aussi une part importante de la solution.
Publié il y a 47 min -
Mise à jour le 20.05.2026 - Abdel Samari - 2 min
ÉDITORIAL Déserts médicaux : et si l’organisation faisait la différence ?
L’étude menée par Doctolib avec le soutien de la Fondation Jean-Jaurès montre que l’accès aux soins dépend désormais autant de l’organisation des parcours, du temps médical et des outils numériques que de la seule démographie médicale.
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Abdel Samari