La plus petite intercommunalité du Gard s'apprête à vivre une bataille très particulière pour sa présidence. Avec un seul des trois maires réélu, le visage de la Terre de Camargue va changer en profondeur. Cette nouvelle configuration pourrait bien marquer un tournant, à l'heure où sont évoqués des rapprochements avec le Pays de l'Or de Stéphane Rossignol ou de la Petite Camargue.
Si dans la plupart des autres agglomérations, métropoles ou communautés de communes, le sort en est déjà jeté, le remplaçant de Robert Crauste n'a pas encore été élu. Et ils sont trois visages pour un seul masque, puisqu'en plus de Charly Crespe, Thierry Féline réélu premier édile de Saint-Laurent-d'Aigouze, et Cédric Bonato, nouveau maire d'Aigues-Mortes, vont s'ajouter à l'équation, qui pourrait être un véritable casse-tête pour la gouvernance.
Le 16 avril prochain, les 32 membres de la collectivité vont se réunir pour voter. La plus petite commune en nombre de voix est Saint-Laurent-d'Aigouze (5 pour la majorité + 1 pour l'opposition), derrière les 13 voix de chacune des deux autres villes (10+3 pour Aigues-Mortes et 11+2 pour le Grau-du-Roi). Il faudrait 17 voix pour obtenir la majorité absolue, ce qui pourrait ne pas être une affaire évidente.
Dans cette éventualité de triple candidature, un candidat pourrait tirer son épingle du jeu : Charly Crespe. Son élection assez écrasante sur l'ancien maire Robert Crauste lui permet de rallier un siège de plus dans la majorité pour l'intercommunalité par rapport à Cédric Bonato, élu avec seize voix de plus que Noémie Albecq-Megias. En considérant que les 11 voix iraient au nouveau maire graulen, et en ajoutant les trois de l'opposition d'Aigues-Mortes (qui a officialisé qu'elle votera pour Charly Crespe), le compteur monte à 14.
Mais alors, où est-ce que Charly Crespe pourrait aller chercher les trois voix qui manqueraient ? Déjà, peut-être dans son opposition. Avec la démission de Robert Crauste, les cartes sont rebattues. Il pourrait donc bien réussir à convaincre les deux élus communautaires de se ranger derrière lui, comprenant Sophie Pellegrin-Ponsole, encartée chez Horizons (centre-droit).
Enfin, autre question qui pourrait être décisive : que va faire Laurent Pélissier ? Au vu de la campagne électrique entre lui et Thierry Féline, il est très improbable que son vote aille vers lui. Sa proximité politique avec le maire du Grau-du-Roi pourrait peut-être faire la différence : "Ma préférence va à Charly Crespe. J'apprécierais connaître préalablement quel premier vice-président chaque candidat souhaite avoir car une rupture avec le précédent mandat me semble indispensable, tout comme connaître les orientations sur les éventuelles fusions des candidats, ainsi que les premières actions à conduire en interne pour le territoire", explique-t-il, en confirmant qu'il ne sera pas candidat.
Tout ceci n'est bien sûr qu'un calcul et une addition sur le moment, puisque les discussions entre les trois édiles ne sont pas encore terminées, et l'intérêt du territoire prime sur les idées politiques. Quoi qu'il en soit, si aucun candidat n'obtient la majorité au premier tour ce 16 avril à 18h30, le bateau pourrait être plus difficile à gouverner.