Publié il y a 1 mois - Mise à jour le 12.06.2024 - Marie Meunier et Coralie Mollaret - 4 min  - vu 230 fois

FAIT DU SOIR Élections législatives anticipées : comment les communes s'organisent-elles ?

Les électeurs vont devoir repasser par l'isoloir cet été. 

- photo Anthony Maurin

Dimanche soir, Emmanuel Macron a annoncé la dissolution de l'Assemblée nationale et donc la tenue de nouvelles élections législatives dans moins d'un mois. Un défi d'organisation pour les communes qui n'avaient pas du tout prévu ce scrutin dans leur planning.

Trois semaines. C'est le délai qui sépare l'annonce surprise d'Emmanuel Macron et le premier tour de ces élections législatives anticipées. Le 30 juin et le 7 juillet, même pas un mois après le scrutin européen, les Français devront repasser par l'isoloir. Devant le score très haut du Rassemblement national, largement devant le parti présidentiel, le président de la République a décidé de dissoudre l'Assemblée nationale. Dans chaque circonscription, il faut réélire un député. Depuis lundi, discussions, pourparlers et tractations vont bon train pour désigner les candidats. 

Dans les partis, ce n'est pas simple. Dans les communes non plus. Il y a toute une logistique à orchestrer en quelques semaines. Des agents vont devoir travailler. « Ça va coûter à notre ville encore 50 000€ cette histoire ! Au-delà des bénévoles dans les bureaux de vote, il y a des agents de la mairie qui veillent au bon déroulement du scrutin », a lancé ce lundi le maire Eddy Valadier, dans le Club Objectif Gard. Alors que le Salon des maires du Gard s’ouvre demain à Nîmes, l’association organisatrice a dû remettre à plus tard la signature d’une convention pour sensibiliser les élèves aux collectivités, en raison de la période de réserve avec le directeur académique. 

À Uzès, la salle est occupée par l'exposition évènement sur Bugatti

La tenue de ces élections vient aussi se heurter à des festivités, des évènements sportifs déjà prévus. À Uzès, les cinq bureaux de vote vont être déplacés car la salle de l'Évêché sera occupée par l'exposition phare de la saison avec les voitures de collection de Bugatti. La municipalité a fait une demande en préfecture pour transvaser les bureaux à l'Ombrière. À Saint-Geniès-de-Comolas aussi, le premier magistrat Olivier Jouve a demandé à la préfecture de basculer les isoloirs dans le foyer communal : "Le problème, c'est que notre salle polyvalente où se tiennent les votes, est réservée pour un mariage avec des enfants du village. Je me vois mal annuler cet évènement, qui se prépare depuis longtemps, où sont prévues 120-150 personnes. Les élections, c'est sérieux mais il faut que tout le monde trouve son bonheur. Je pense que le préfet va nous conforter dans notre demande. Les deux salles sont à 500m l'une de l'autre. On va beaucoup communiquer. À part quelqu'un qui ne serait pas au courant et arriverait à 17h55, tout aura le temps de voter", avance l'édile.

L’autre difficulté est de trouver suffisamment de personnes pour tenir les bureaux de vote. « Certains agents ne sont pas là, des élus avaient coché cette date censée être libre pour aller voir leur famille. Ils ont déjà acheté leur billet de train », nous indique-t-on au cabinet du maire d’Uzès. À Saint-Geniès-de-Comolas, plusieurs élus ont dû annuler leurs congés pour "être de service". Dans le petit village de Montclus, le maire Benoit Trichot, craint de devoir faire appel aux administrés pour tenir les bureaux de vote par manque de conseillers municipaux. À Bagnols-sur-Cèze aussi, se pose la question des congés en ce début de période estivale. Il faut au moins 60 agents mobilisés dans la 3e ville du Gard pour encadrer le scrutin. « Pour le 30 juin, je ne suis pas inquiet. Cela risque d’être plus compliqué le 7 juillet. Mais on y arrivera. La démocratie, c’est trop important », assure Jérôme Talon, directeur général des services à la mairie de Bagnols-sur-Cèze.

"On va embaucher deux intérimaires de plus"

Quelques manifestations d’associations ont dû être déplacés car les halles Saint-Exupéry et Mermoz ainsi que la salle multiculturelle seront indisponibles pendant la période d’élection. Les bureaux y seront installés à partir du 26 juin et ne seront enlevés qu’à la fin du second tour. En revanche, ils ont décidé avec le maire, Jean-Yves Chapelet, de maintenir les festivités extérieures du 7 juillet, à savoir la fiesta bagnolaise avec ses animations taurines. « On va embaucher deux intérimaires de plus pour fin juin et juillet pour renforcer les équipes festivités. Nos équipes ne peuvent pas tout gérer », rapporte Jérôme Talon.

Plusieurs festivals démarrent aussi en ce début d’été. C’est le cas de celui de Saze qui a lieu du 28 juin au 1er juillet dans la cour du château. La décision a été prise de décaler au lendemain la représentation du dimanche 30 juin au soir ainsi que la buvette-repas. C’est un travail de communication auprès du public qui s’annonce pour les organisateurs qui venaient juste de recevoir les programmes imprimés. Trop tard pour modifier... Quant au collectif Mozaik'arts de Saint-Victor-la-Coste, il est contraint de reporter son concours de peinture en plein air du 7 juillet à septembre, faute de salle désormais pour exposer les toiles.

Enfin à Nîmes, la mairie a prévenu qu'aucun évènement festival ne pourra être organisé du 29 juin au 7 juillet laissant sur le carreau les enfants de l'école l'élémentaire Hector Berlioz. « Nous comprenons bien sur les obligations et difficultés de la mairie de mettre en place des élections au pied levé, mais je vous avoue que nous sommes assez dépités et tristes pour les enfants… », relate-t-on sur le terrain. À la place, un après-midi ludique sera organisé avec les enfants de façon festive, mais sans les parents… 

Marie Meunier et Coralie Mollaret

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