Publié il y a 9 h - Mise à jour le 23.07.2025 - Thierry Allard - 4 min  - vu 231 fois

FOURNÈS Un nouveau partenaire et une modification pour le projet de la zone de la Pale

Mardi soir, lors de la réunion publique de présentation du projet Via Gaia, à Fournès

- Thierry Allard

Nouvel épisode dans la saga de la zone de la Pale, du nom de ce terrain idéalement situé à la sortie de l’autoroute A9, à Fournès : mardi soir lors d’une réunion publique, le maire Thierry Boudinaud a officialisé le changement de partenaire pour porter le projet, ainsi qu'une modification de ce dernier.

Après l'abandon du projet de centre de tri d’Amazon fin 2021, puis d’autres pistes rapidement avortées, le dernier projet en date était porté par une filiale du groupe IDEC. Présenté à la population en 2024, il comprenait une plateforme logistique de 37 000 mètres carrés, un pôle agroalimentaire ou de santé, un pôle médical et vétérinaire, un village artisanal ou encore un restaurant. « Nous avons beaucoup travaillé avec eux, provoqué un maximum de réunions avec la préfecture, la DDTM, le Département, l’Agence régionale de la santé, la Chambre d’agriculture, nous avons mouillé la chemise pour faire avancer le dossier », rembobine le maire. Las, « nous nous sommes aperçus que nous prenions du retard, et qu’une promesse unilatérale de vente se projetait », poursuit l’édile et, « d’un commun accord », précise-t-il, IDEC s’est retiré.

Alors on repart de zéro ? Pas vraiment : la mairie a noué des contacts avec la foncière basée en Belgique Montea, qui reprend le projet, désormais baptisé Via Gaia. « Dans les grandes lignes, il reste ce qu’on vous avait présenté », affirme Thierry Boudinaud à une salle du foyer communal bien garnie. Avec une nouveauté : « nous souhaitons intégrer une partie cuisine centrale pour desservir le territoire avec des produits locaux », annonce-t-il. Plus tard, Philippe Marchesi, président du Pôle d’équilibre territorial et rural, développera l’idée, qui est « d’avoir une cuisine centrale, un atelier de transformation et une chambre froide », pour maximiser l'utilisation de produits locaux dans les cantines des écoles notamment, y compris hors saison. « Nous en avons discuté avec la préfecture, la Chambre d’agriculture et le Conseil départemental, avec à chaque fois de bons retours », rajoute-il.

« Des flux raisonnables » de camions

Mais ce n’est qu’une partie du projet, porté par Montea qui se présente comme « engagée pour des projets immobiliers durables, dit son directeur France Luc Merigneux. Notre spécificité, c'est qu'on est là pour rester, nous n'avons jamais vendu un bâtiment en France. » Alors à Fournès comme ailleurs, la foncière « ne construit pas si nous n’avons pas de locataires », rajoute-il, avant de préciser que parmi les clients de l’entreprise, on compte notamment Décathlon ou le transporteur Jacky Perrenot. Et Amazon aussi, ce qui sera relevé en fin de présentation par un habitant, mais « pas question » de revoir le géant du e-commerce dans le paysage, rassurera Thierry Boudinaud.

Du reste, de la partie « logistrielle » (contraction de logistique et d’industriel), il sera assez peu question lors de présentation, et il faudra attendre les questions de la salle pour en savoir plus. 38 000 mètres carrés tout de même, jusqu’à 15 mètres de hauteur et 36 quais de chargement. Quant au nombre de camions par jour, qui inquiètent les locaux, « les clients avec lesquels on discute ont des flux raisonnables, quelques camions toutes les heures, et les flux seront gérés sur le site, les camions n’attendront pas dehors », affirmera le directeur commercial France de Montea, Christophe Delachair. « Nous allons faire des simulations de trafic avec un bureau d’études spécialisé, rajoute Nicolas Tamarelle, responsable du développement France de Montea. Et la majorité des flux passeront par l’autoroute, donc il n'y aura pas de flux additionnels pour la commune. » « C’est un sujet important, qui sera calibré au plus juste », affirme Thierry Boudinaud.

Au niveau architectural, l’architecte Clément Leclerc, choisi pour le projet, soulignera « l’usage de la pierre de Vers, de structures bois, de matériaux géo-sourcés et bio-sourcés », ainsi que son intégration paysagère. L’idée est de profiter du dévers du terrain pour bâtir les pavillons d’activités, qui doivent recevoir le pôle médical, la cuisine centrale, etc. sur la partie la plus proche de la départementale, et la plateforme logistique derrière. Montea argue aussi de ses engagements écologiques, en annonçant des toitures couvertes de panneaux photovoltaïques avec possibilité d’autoconsommation, ou encore « une réutilisation le plus possible des eaux pluviales, pour les sanitaires et l’arrosage des espaces verts », glisse Nicolas Tamarelle.

270 emplois et une manne financière annoncés

Opposant historique au projet Amazon, Patrick Genay prendra le micro pour critiquer le projet logistique (« accueillir des produits venus de bien loin pour repartir bien loin »), évoquer la protection de l’environnement et ressortir des propos tenus par Thierry Boudinaud il y a quinze ans en faveur du projet de villages de marques (qui a fini à Miramas) contre les projets logistiques, qui apportent « beaucoup de nuisances et peu d’emplois. » Le maire lui répondra sèchement que « le projet de village de marques ne s'est pas fait, notamment à cause de vous », avant de s’en prendre plus personnellement à l’opposant : « toute votre vie vous avez roulé en pick-up 4x4 diesel fabriqué à l’autre bout du monde, ou en quad, votre bâtiment professionnel aux portes du village n’est pas intégré dans le paysage, cessez de donner des leçons aux Fournésans, ça suffit ! » Applaudissements nourris du public.

Sur le fond de l’intervention de Patrick Genay, Nicolas Tamarelle répondra que « il y aura des études environnementales à faire, on ne se cachera pas » et évoquera l’idée de « créer un écosystème, un biotope, avec des gens dont c’est le métier. » Soucieux de convaincre, Montea a aussi sorti une diapositive avec des chiffres prévisionnels du projet : 120 emplois créés sur les activités commerce et restauration sur 12 000 mètres carrés, 150 pour le « logistriel » sur 38 000 mètres carrés, 1,4 million d’euros de taxe d’aménagement pour la commune ou encore 247 000 euros par an de recettes fiscales pour le territoire. Pas rien.

« Nous avons besoin de développement économique », lancera le maire, conscient que la Pale est une des seules possibilités, pour un territoire très contraint notamment par le risque inondation, de créer de nouvelles activités. « Vous avez un foncier très bien placé au niveau européen, conclura Luc Merigneux. Nous sommes là pour vous aider à enfin en bénéficier. »

Thierry Allard

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