Publié il y a 1 h - Mise à jour le 01.04.2026 - Yannick Pons - 4 min  - vu 69 fois

L'INTERVIEW Franck Belloir : « Quand on se met à lire, on se rend compte que les choses sont beaucoup plus compliquées »

Franck Belloir

- @Lerycerp

Pierre Haski, Lionnel Astier, Laure de Chantal… Le festival alésien Passeurs de livres accueille cette année des auteurs prestigieux. L'idée de Franck Belloir, c’est de poser les choses, de donner des outils simples, puis d’amener chacun à réfléchir, à ouvrir sa pensée et à déconstruire ses certitudes, en confrontant auteurs et scientifiques.  

À Alès, Passeurs de livres s’est imposé en quelques années comme un véritable rendez-vous consacré aux sciences humaines, un laboratoire d’idées accessible à tous. Historien, philosophe de formation, Franck Belloir travaille dans le monde du livre depuis plus de 25 ans. L’Alésien dirige le festival Passeurs de livres depuis sa création en 2022, il pilote aussi Lerycerp, une société relevant de “l’ingénierie du livre”, au service des éditeurs, de leur représentation sur les salons et de leur communication.

Objectif Gard : Vous avez créé le festival en 2022. Comment est née l’idée de Passeurs de livres ?

Franck Belloir : En fait, moi je l’ai proposé à l’époque à Claude Saville, à Henri Mouysset, qui étaient les présidents de l’association Alès Agglomération Art et Histoire, ils avaient monté la Nuit des Camisards. Ensuite, on est allé proposer cette idée à Christophe Rivenq, qui était à l’époque président d’Alès Agglomération et premier adjoint à la mairie d’Alès. Il a été tout de suite enthousiasmé parce qu’il voulait faire un projet comme ça depuis longtemps. Donc il nous a soutenus dès le départ et depuis il est resté fidèle à ce projet.

Quelle est l’essence de ce festival ?
L’essence du projet, c’est de complexifier la pensée. Complexifier la pensée en montrant que plus on lit et moins on sait, en fait. C’est la fameuse phrase de Socrate, “tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien”. L’idée, c’est de dire que quand on croit savoir et qu’on se met à lire, à creuser la question, on se rend compte que les choses sont beaucoup plus difficiles que ce qu’on a imaginé. Complexifier les choses pour mieux comprendre le monde qui nous entoure. Mais la difficulté, c’est que les sciences humaines, ça fait peur à tout le monde. L’anthropologie, la philosophie, l’histoire. Donc l’idée, c’est de rendre ces sciences humaines accessibles à tous. C’est une espèce de laboratoire d’idées.

En quoi Passeurs de livres est-il un festival à part ? Un laboratoire pédagogique ?
Ce festival, il est unique à deux titres en France. D’abord, c’est le seul festival en France qui regroupe toutes les sciences humaines, ça n’existe pas ailleurs. Ensuite, dans chaque rencontre interviennent des scientifiques avec des auteurs de fiction, BD ou romans. Donc c’est le dialogue de la science et de la fiction pour rendre accessible justement la science. Quand il y a un auteur de BD, quand il y a un romancier, ils nous obligent à revenir sur terre, ils clarifient les sujets. Donc oui, le côté pédagogique est important. Il s’agit de donner des outils simples pour mieux comprendre le monde, sortir des idées reçues, poser les choses, réfléchir et ouvrir.

Quel sera le fil conducteur de cette édition 2026 ?
Tous les ans, il y a un thème. Cette année, le thème, c’est “Difficiles libertés”. À partir de là sont déclinées une trentaine de tables rondes, sur ce modèle qui rassemble scientifiques et auteurs de fiction, par exemple. Il y aura une rencontre inaugurale avec le président du festival, des rencontres jeunesse, des rencontres pédagogiques. Plus de mille élèves participent, du primaire jusqu’au supérieur. Il y aura aussi des rencontres dans le cadre des quartiers de politique de la ville, vers les jeunes des quartiers, les femmes, une journée spécialement destinée aux femmes des quartiers, avec atelier d’écriture. Il y aura également des expositions.

Qui sont les figures marquantes de cette édition et les temps forts ?
Il y a toujours une présidente ou un président du festival. Cette année, c’est Lionnel Astier. Il y a toujours aussi un parrain ou une marraine du salon du livre. Cette année, la marraine, c’est Laure de Chantal, une éditrice, directrice de collection aux Belles Lettres, qui publie aussi sur la mythologie, les dieux, les déesses. Il y aura d’ailleurs une rencontre sur les dieux et les déesses, ainsi qu’une rencontre pédagogique. Parmi les temps forts, il y aura aussi Pierre Haski, qui va clôturer le festival le samedi soir autour de son livre. La maison d’édition mise à l’honneur sera Alcide, de Nîmes, et Patrick Cabanel sera là également, il proposera une dictée géante.

Comment le festival va-t-il se décliner dans la ville ?
Le salon du livre sera installé le long du Gardon, au niveau de l’avenue Carnot, en face du square Arnaud-Beltrame. C’est un parking qui va être aménagé, avec des bâches, donc dans un espace clos. Là, il y aura le salon du livre, une buvette, un lieu d’exposition, un espace de rencontres, 80 éditeurs et 80 auteurs. C’est là aussi que se tiendront les séances de dédicaces. Les autres espaces de rencontre, ce sera la médiathèque, le Capitole, le tribunal, puisque le tribunal est partenaire du festival, et aussi les lycées partenaires. Les horaires du salon du livre sont les suivants. Le jeudi, de 13h à 19h. Le vendredi, de 10h à 19h. Le samedi, de 10h à 20h. Nous alimenterons le programme au fur et à mesure des confirmations.

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