Son élection fait désormais peu de doutes. Mais lui et ses colistiers espèrent qu'un maximum de villageois se déplacera ce dimanche, douze semaines après le premier tour des municipales de toutes les autres communes gardoises, pour porter sa liste au plus haut et mettre fin à la délégation spéciale qui gérait les affaires de la commune (relire ici). Frédéric Arnal s'est finalement laissé convaincre de solliciter le vote de ses concitoyens, à la tête d'une liste qui reprend quelques membres de la mandature précédente.
"Il y avait déjà une équipe en place, il manquait une tête de liste", résume Frédéric Arnal. Car parmi ceux qui souhaitaient s'investir, ils étaient nombreux à craindre de manquer de temps pour assumer la fonction de premier magistrat. Retraité, après une carrière dans le bâtiment, Frédéric Arnal en dispose donc d'un peu plus. Et il compte le dédier en premier lieu, une fois élu, à "résoudre le problème de budget. On n'a pas beaucoup de recettes, il faut rééquilibrer".
Après l'assainissement, au cours du deuxième mandat de conseiller municipal de Frédéric Arnal, ou le forage pour l'eau potable au cours du troisième, "le budget eau équivaut environ à 50% du budget de fonctionnement", se désole le futur maire. Les possibilités financières sont donc minces pour la commune. "Mais il y a deux types d'action, reprend Frédéric Arnal : celles où il faut un financement, et une autre où il n'y en pas".
"Il y a eu le projet de chèvrerie, pour lequel tout le monde a été d'accord, rembobine Philippe Soler, premier adjoint au maire sortant et à nouveau sur la liste. Je ne sais pas si beaucoup de cantons ont monté un projet pareil... (relire ici et ici) Le but est aussi d'attirer du privé qui investira chez nous. Les gens investissent ici parce qu'ils y croient. Nous, nous devons créer l'environnement et les conditions idéales pour attirer", poursuit celui qui est aussi chef d'entreprise à Trèves (relire ici) et construit actuellement une brasserie dans le village.
"Tout est inconstructible sur Trèves, enchaîne justement la chevrière Émilie Leroy, conseillère municipale sortante et à nouveau sur la liste. Mais ici, il y a des terres pour le maraîchage. Et on peut laisser ouvert à d'autres activités." Frédéric Arnal rassure et tempère en même temps : "De l'immobilier, il y en aura, mais contraint. Chercher la maison avec le bout de jardin, on ne trouvera plus les deux combinés ici. Alors qu'il y a quand même de la demande, c'est un handicap pour le village."
Les colistiers pensent aussi qu'un point de restauration "petit, avec des produits locaux, ça pourrait marcher. Il y a de la demande, de mai à novembre, au lieu de devoir aller manger à Saint-Jean-du-Bruel ou Lanuéjols". Frédéric Arnal souhaite aussi insuffler une méthode, "impliquer la population dans les choix et informer des différents projets. En dialoguant davantage. Quand les gens sont impliqués, ils n'ont pas le même regard."
"J'espère que même ceux qui pensaient venir pour barrer des noms viendront quand même, et même si c'est pour voter blanc", dit Frédéric Arnal en pensant au scrutin de dimanche et à la réforme entrée en vigueur pour les communes de moins de 1 000 habitants qui oblige à voter sur liste entière. D'ailleurs, "la parité a été facile à obtenir", poursuit-il, en référence au second pan de la réforme.
S'il souhaite être avant tout présent sur la commune, Frédéric Arnal n'en oublie pas Causse-Aigoual-Cévennes. "C'est là où il faut être", tranche-t-il. Notamment "pour voir comment ils peuvent nous aider pour le budget de l'eau". Le futur maire de Trèves se demande aussi, à l'échelle intercommunale, si la centrale hydro-électrique de Trèves ne pourrait pas subvenir partiellement aux besoins en énergie d'Alti Aigoual, épine financière dans le pied de la communauté de communes.
"La question, aussi, c'est 'comment peupler notre communauté de communes', enchaîne Philippe Soler, avec des habitants à l'année." Pour Émilie Leroy, "on a la chance d'avoir des jeunes avec enfants qui arrivent, il faut que l'école soit pleine. C'est lourd à gérer, mais c'est le coeur d'un village. S'il y a l'école, les familles viendront." Pour lier les habitants et impliquer école et villageois, un verger communal, projet qui court sur trois ans, a été lancé en fin d'année dernière. Symbolique pour une commune dont les prétendants à la mairie espèrent voir éclore les fruits de leurs efforts.