Ce jeudi, Jérôme Bonet, préfet du Gard, a organisé les premières assises territoriales de lutte contre les actes antireligieux dans le Gard. L'objectif est de dresser un état des lieux avec les autorités et les représentants des cultes du Gard, de faire émerger des propositions opérationnelles en matière de prévention et de lutte contre ce phénomène. Ces propositions éclaireront les réflexions menées au niveau national.
Car la France connaît une recrudescence des actes antireligieux de manière générale, qui touche tous les cultes. Les actes antisémites, qui ont considérablement augmenté depuis les attaques du Hamas du 7 octobre 2023, se maintiennent à un niveau historiquement élevé. Ils représentent 53 % du total des actes recensés au niveau national. Les actes antichrétiens persistent et touchent particulièrement le patrimoine religieux. Ils constituent 34 % des faits en France. Les actes antimusulmans (13 %) progressent fortement, avec une part importante d’agressions physiques.
Dans le Gard, malgré une recrudescence des actes antireligieux en 2025 dans le département, le phénomène reste relativement contenu dans notre département. Les actes antireligieux ont été multipliés par trois entre 2021 et 2025 dans le Gard, avec : +67,7 % d'actes antisémites (essentiellement des atteintes aux personnes), +8 % d'actes antimusulmans. Cette augmentation est fortement corrélée à la situation géopolitique au Moyen-Orient. L'assassinat d’Aboubakar Cissé à la mosquée de La Grand'Combe en 2025 a par ailleurs capté l'attention médiatique et a profondément marqué les esprits en raison de son extrême violence.
20 propositions et quatre axes
La lutte contre les actes antireligieux dans laquelle le ministère de l’Intérieur, ministère en charge des cultes et garant de l’ordre et de la sécurité publique, est pleinement engagé est prioritaire. Aussi, des assises départementales de lutte contre les actes antireligieux se sont déclinées dès le 12 juin 2026 dans le Gard sous la forme de groupes de travail thématiques préparatoires, afin d’identifier les principaux axes de réflexion devant être abordés ultérieurement.
Ainsi, le 2 juillet 2026, les assises départementales se sont tenues en session plénière en préfecture du Gard en plusieurs temps forts, avec notamment la présentation des 20 propositions émanant des groupes de travail autour de quatre axes : mieux connaître le phénomène pour mieux le combattre et le réprimer, renforcer l’accompagnement des victimes et la prise en charge des auteurs, développer le dialogue interreligieux et renforcer les actions de formation et de sensibilisation au principe de laïcité et aux valeurs de la République. Ces propositions ainsi que celles d'autres préfectures seront étudiées au sein d’une commission nationale, qui rendra un rapport d'ici la fin du mois d'octobre 2026.