À quelques mois du scrutin, la campagne des sénatoriales prend forme dans l'Hérault. Parmi les candidats déclarés, Agnès Gizard-Carlin, inspectrice pédagogique régionale en sciences de la vie et de la terre à l'académie de Montpellier, après vingt-cinq ans d'enseignement, notamment dans l'Hérault. Militante engagée de longue date sur les questions environnementales, elle a notamment présidé l'observatoire du pays de Thau, où elle a travaillé sur les dossiers de l'eau et de la ligne à grande vitesse (LGV).
C'est dans la dynamique des dernières élections municipales à Pézenas, où des projets de bétonisation de zones agricoles ont mobilisé les habitants, que la candidature a pris racine. Une liste citoyenne s'y est constituée, réunissant des générations très différentes, avant de solliciter Agnès Gizard-Carlin pour prendre la tête d'un projet portant notamment sur la souveraineté alimentaire et énergétique. C'est dans la continuité de cet engagement que les Écologistes lui ont proposé de conduire leur liste aux sénatoriales, en tête avec Saïd Bouya, originaire de Montpellier.
Mobilités, eau, agriculture
Sur les mobilités, la candidate met en avant l'abandon depuis une cinquantaine d'années des lignes ferroviaires secondaires du département, dont les emprises foncières subsistent et pourraient, selon elle, être réhabilitées pour désenclaver les territoires ruraux. Elle se dit vigilante sur le tracé de la future LGV, notamment à proximité des étangs de Thau et de la zone de captage d'eau potable de Sète, à Issanka.
Sur l'eau, elle plaide pour une gestion en régie publique, sans dividendes, qu'elle juge plus favorable à l'entretien des réseaux, et alerte sur les conflits d'usage, notamment autour de l'irrigation de la vigne et de la salinisation qui menace, selon elle, des exploitations dans la vallée de l'Orb.
Sur l'agriculture, elle appelle à une diversification des cultures et à des techniques d'adaptation au changement climatique : cépages méditerranéens, plantation en courbes de niveau, agroforesterie... pour sortir d'une monoculture viticole qu'elle juge fragilisée. Interrogée sur le bilan des sénateurs sortants, elle estime que ces sujets n'ont pas été suffisamment portés jusqu'ici, tout en reconnaissant un travail réalisé sur la question des mineurs non accompagnés, notamment par Hussein Bourgi.
Le scrutin se tiendra le dimanche 27 septembre 2026, avec un dépôt des candidatures du 7 au 11 septembre. Quatre sièges de sénateurs sont à pourvoir dans le département, au scrutin proportionnel de listes. Deux des quatre sénateurs sortants ne se représentent pas : Henri Cabanel (PS) a annoncé son retrait, tout comme Christian Bilhac (PRG), tandis qu'Hussein Bourgi (PS) et Jean-Pierre Grand (Horizons), investi par son parti, briguent leur succession. La droite se présente divisée, avec la candidature concurrente de Jean-François Audrin, maire de Saint-Georges-d'Orques et lui aussi membre d'Horizons.
À gauche, une candidature portée par la vice-présidente de la région Occitanie Florence Brutus pourrait succéder à Christian Bilhac. Plusieurs autres personnalités se sont également déclarées ces dernières semaines, dont Audrey Imbert, conseillère départementale du canton de Mèze.