Objectif Gard : Que tirer de la réunion de ce vendredi à l'aérodrome de Deaux sur son avenir ?
Jean-Louis Altairac : La réunion a été positive car c’est la première fois que toutes les parties prenantes ont été mises autour de la table. Les acteurs ne sont pas tous d'accord, mais tous semblent s'accorder pour dire que la mairie de Deaux bloque. On doit tous être pragmatique et s’atteler à faire baisser la pression, car, de ce que je vois, ce n’est pas le projet qui pose problème, c’est le relationnel.
LIRE AUSSI : DEAUX La vente de l'aérodrome reste au point mort
En quoi est-il si important, selon vous, de conserver cet outil ?
J’ai connu Alès comme une des villes les plus riches du sud de la France, aujourd’hui c’est la grande oubliée. Son tissu industriel a fondu comme neige au soleil sous les effets conjugués de la mondialisation, de la désindustrialisation et d’un manque chronique de vision stratégique. À l'origine, l'aérodrome a été créé pour une question d’utilité publique en faveur du développement de la région, comme outil stratégique indispensable au désenclavement du bassin. Il n’est pas fait pour les entreprises alésiennes, il fait venir celles de l’extérieur. C’est le microcosme local qui l'a rendu complètement obsolète.
Il faut sensibiliser les gens pour qu’ils comprennent qu’Alès est enclavée. Tout comme c’est trop compliqué pour prendre le TGV à Nîmes-Pont du Gard, ce sera la même chose pour les investisseurs si l’aérodrome ferme. Tout le monde se plaint que la 2×2 n'est pas finie, mais on réfléchit à enlever un autre outil de désenclavement... Si on le ferme et que dans 4-5 ans on s’aperçoit qu’il était nécessaire, on n'arrivera jamais à en refaire un. Le risque est simple : devenir progressivement un territoire abandonné, déconnecté des grands flux économiques régionaux, nationaux et internationaux, incapable d’attirer de nouvelles activités, et condamné à se désertifier.
Il joue d'ailleurs aussi un rôle essentiel pour la sécurité civile, à travers la lutte contre les incendies, les évacuations, la gestion des catastrophes naturelles, les missions de sécurité et de secours, etc. Cet élément seul devrait suffire à le maintenir.
Pouvez-vous davantage détailler le projet d'Altarea ?
J’ai été approché par Paul Planque, ancien candidat Alès c’est Vous et qui connait bien Altarea, en août 2025. J’ai rencontré un des dirigeants en septembre, puis Antoine Paris en octobre, c’est là qu’on s’y est plongés. Altarea a un intérêt majeur d’un point de vue économique et photovoltaïque, il y a de quoi mettre de l’hôtellerie aussi. En plus de prendre en charge 900.000 euros d’investissement, Altarea souhaiterait intégrer Alès Agglo et les mairies de Deaux et Vézénobres à l’équipe gestionnaire d’exploitation.
C'est un projet ambitieux, rentable, mêlant développement photovoltaïque et maintien de l'activité aéronautique, avec création de hangars à usage professionnel et zones d’implantation pour entreprises de toutes natures, sans que cela coûte aux collectivités et aux contribuables : Le bassin alésien va t il laisser passer cette opportunité ?
Êtes-vous optimiste sur la réalisation du projet Altarea ?
Ça risque de finir comme l'autoroute de Castres-Toulouse : les opposants sont bien gentils, mais une ordonnance d’intérêt général et public, et c’est réglé. Seulement, la Direction Générale de l'Aviation Civile, comme la préfecture, ne peut pas à l'heure d'aujourd'hui intervenir de façon rédhibitoire. Les parties doivent d’abord se mettre d’accord.
LIRE AUSSI : FAIT DU JOUR L'aérodrome de Deaux enfin en passe d'être racheté ?