C'est un rendez-vous annuel important pour l'Alliance des universités recherche et formation (Auref) qui rassemble une trentaine de petites et moyennes universités, soit la moitié des établissements français. Ce qui représente près de 600 000 étudiants. Cette année, c'est Nîmes Université qui a accueilli le séminaire de l'Auref durant deux jours, les 18 et 19 juin. Présidents et vice-présidents d'une quinzaine d'universités se sont déplacés au fort Vauban pour des réunions de travail. Angers, Nanterre, Dunkerque, Mulhouse, Corte, Rennes, Poitiers, Albi, Avignon ou encore Perpignan... le maillage territorial sur l'enseignement supérieur et la recherche était bien représenté et fait partie des priorités de cette alliance.
Le sujet majeur abordé, qui a occupé une bonne partie des discussions, c'est évidemment la baisse des dotations de l'État aux universités. Quasiment toutes sont concernées dont celle de Nîmes qui reste dynamique malgré cette diminution de moyens financiers. "On parle beaucoup d'excellence au sujet de l'université et à juste titre mais ce dont on ne parle jamais, c'est l'ascenseur social. Et nous à Nîmes, c'est l'une de nos principales caractéristiques. On permet à des jeunes qui n'auraient jamais pu aller à l'université, d'être diplômé et d'avoir une carrière", souligne Benoît Roig, président de Nîmes Université et membre du bureau de l'Auref, qui déplore ces coupes budgétaires malgré le rôle fondamental et social d'une université comme celle de Nîmes.
"C'était symbolique d'accueillir l'Auref"
D'où l'intérêt pour ces petites et moyennes universités d'être regroupées pour peser davantage auprès du ministère de l'Enseignement supérieur. "C'était symbolique d'accueillir l'Auref et d'avoir le soutien explicite des universités. Chaque fois que l'on donne nos chiffres de dotations, ça fait un peu frémir et c'est bien de ne pas se sentir seul", complète Benoît Roig. C'est la première fois que Nîmes Université, et ses 6 000 étudiants, accueillait le séminaire annuel de l'Auref. "Ces fragilités de financement des universités peuvent remettre en cause notre capacité à assumer certaines missions", abonde Xavier Leroux, président de l'Auref et de l'université de Toulon.
Parmi les autres éléments au centre des échanges, les contrats d'objectifs, de moyens et de performance. "C'est une nouvelle forme de contrat d'établissement entre le ministère et chaque université. On a vraiment des interrogations sur la stratégie portée par le ministère à travers ces contrats. On a besoin de clarifications", conclut Xavier Leroux. Des représentants d'universités qui ont aussi pu joindre l'utile à l'agréable et découvrir la ville avant de regagner chacun leur établissement.