Publié il y a 1 h - Mise à jour le 23.06.2026 - Propos recueillis par Coralie Mollaret - 3 min  - vu 140 fois

L’INTERVIEW Le maire de Junas, Clément Roussel : « La mairie doit redevenir la maison du peuple »

Le nouveau maire de Junas, 29 ans, Clément Roussel

Le nouveau maire de Junas, 29 ans, Clément Roussel

- Coralie Mollaret

À 29 ans, l’agriculteur Clément Roussel a enfilé l’écharpe de maire de Junas. L'élu revient sur les raisons de son engagement, sa volonté de renforcer le dialogue avec les habitants et les défis financiers de la commune. 

Objectif Gard : Comment avez-vous eu l’idée de vous lancer dans l’aventure municipale ?

Clément Roussel : L’histoire a commencé en janvier. La maire sortante ne se représentait pas, son premier adjoint était, lui, candidat. Beaucoup de monde disait que c’était dommage qu’il n’y ait qu’une seule liste. J’ai alors entrepris des réunions pour lancer une liste. Au début, je ne devais pas être maire…

« Un euro, c’est un euro » 

Que faites-vous dans la vie ?

Je suis viticulteur-maraîcher depuis 2019 : j’ai 30 hectares de vigne et cinq hectares de maraîchage. J’ai aussi deux enfants de 3 ans et 7 mois. Ça m’occupe assez… Mais j’ai monté cette liste pour redonner du dynamisme au village (1 400 habitants). Finalement, au bout de deux ou trois réunions, il en est ressorti que je devais me lancer. J’ai construit cette équipe autour de compétences : nous avons quatre adjoints, aidés par des conseillers municipaux délégués (finances, urbanisme, vie locale et associative, ainsi qu’un adjoint à la communication, à la culture et au patrimoine).

Comment définiriez-vous votre village ?

Moderne et authentique. Il y a une nouvelle population qui arrive : le village est attractif, à 30 minutes de Montpellier. Nous avons un riche patrimoine à mettre en valeur, notamment au travers d’animations culturelles comme le Jazz à Junas ou le concert Mike Brant d’Amaury Vassili, le 12 août dans les carrières. Nous avons aussi une vingtaine d’associations, près de 40 artisans et commerçants… 

Quels sont les avantages et les inconvénients à être un jeune maire ?

Pour trancher les décisions, c’est plus compliqué. Je ne suis pas quelqu’un qui va au conflit, je suis plutôt quelqu’un qui rassemble. J’essaie d’être tout le temps entouré, dans mes rendez-vous, d’une personne de chaque secteur pour confirmer les propos. Je sais ce que je veux, mais je suis ouvert au débat. J’ai une vision un peu comme les anciens : un euro, c’est un euro. On travaille beaucoup en équipe. D’ailleurs, c’était la condition pour que je me présente aux municipales.

Des gens de la précédente équipe se sont-ils engagés sur votre liste ?

Pas du tout (…) Après, ce n’était pas une véritable opposition. À 80 %, on a tous le même programme. C’est davantage un renouveau. Il y avait quelques décisions avec lesquelles nous n’étions pas d’accord, notamment concernant la communication. Pour nous, la mairie doit redevenir la maison du peuple.

Réunions publiques, conseil municipal des jeunes, permanence d'élus...

En termes de communication, qu’est-ce qui a changé depuis votre arrivée ?

Nous avons réactivé Panneau Pocket pour que les administrés interagissent avec la mairie. Nous sommes très présents sur les réseaux sociaux avec un post par jour. Nous avons également mis en place des permanences d’élus le samedi matin, de 9h à 12h. Nous souhaitons lancer en septembre un conseil citoyen et un conseil des jeunes. À la rentrée, nous souhaitons également mettre en place des réunions publiques, deux par an, pour faire un point sur les actions engagées ainsi qu’un point sur les finances. Un gros sujet…

C’est-à-dire ?

La dette est de 1,3 M€. Elle est notamment due à la création d’une ZAC (Zone d’aménagement concerté), la nouvelle station d’épuration… Il y a cinq ans, un investissement de 400 000 € a été réalisé pour préempter une maison en ruine. Rien n’a été fait depuis. On ne sait pas ce que l'on va en faire (…) Nous n’avons quasiment pas d’épargne… Nous avons un peu de trésorerie, mais les finances nous semblent fragiles.

Où vous situez-vous sur l’échiquier politique ?

Je suis apolitique, membre d’aucun parti.

Pourquoi n’avez-vous pas voulu être vice-président au pays de Sommières ?

C’est Madeleine Bucquet, déléguée à la transition numérique. Je délègue énormément. J’ai une vice-présidence au PETR Vidourle Camargue. Je suis également membre du bureau au Scot Sud Gard.

Quel regard portez-vous sur votre intercommunalité : le Pays de Sommières présidé par Jean-Michel Andriuzzi ?

Pour l’instant, du positif. Le dossier des écoles est assez compliqué… Pour le reste, il faut voir comment notre commune ressortira dans l’intercommunalité.

La présidentielle de 2027 arrive à grands pas. Allez-vous parrainer un candidat ? Si oui, lequel ou laquelle ?

Nous verrons avec toute l’équipe si nous parrainons ou non. Si c’est le cas, notre choix se portera sur un candidat choisi à la majorité.

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