Le CST aura été de courte durée. Vendredi dernier, le président Christophe Serre a quitté la séance après le déploiement d’une banderole « aux propos inadmissibles », selon l’élu qui confirme à Objectif Gard : « La présidente est en train d’étudier les suites judiciaires à donner, par la voie d’un article 40 ou d’un dépôt de plainte… Je veux bien qu’il y ait de la contestation, mais dans le respect des personnes. » Que s’est-il passé ?
Christophe Serre : « Contestation oui, mais dans le respect des personnes »
Le CST (Comité social territorial) est une instance de dialogue social au sein de laquelle siègent des représentants du personnel et des élus. Il est présidé par Christophe Serre, premier vice-président du Département, élu du canton de Pont-Saint-Esprit. En amont de la réunion de vendredi, la CGT avait appelé à la mobilisation. En cause notamment : l’aménagement du temps de travail des agents du service Routes et mobilité : une journée en continu de 6h à 13h42 au lieu des horaires actuels de 7h30/12h et 13h30/16h30. Cette expérimentation devait s’étendre du 6 juillet au 15 août.
« Lorsque je suis arrivé, il y avait une banderole déployée à l’extérieur. Elle a ensuite été ramenée à l’intérieur », raconte Christophe Serre. Sur la bannière, était inscrit : « Politicards et hiérarchie. Allez tous vous faire enculer voir. Vacations imposées. Non merci Bwana. Y’a pas consentement. » Des propos « grossiers, insultants et à connotation sexuelle visant les élus et les personnels d’encadrement. Certains termes utilisés peuvent être perçus comme relevant d’un registre homophobe et discriminatoire », dénonce Christophe Serre, qui a finalement quitté la séance.
« On a sûrement fait une erreur », regrette la CGT
Contactée par notre rédaction, la CGT assure : « Ce sont des agents non syndiqués qui ont écrit cette banderole. Ce n’est pas une banderole de la CGT (…) Elle a ensuite été déployée à l’intérieur, juste après son arrivée (…) Nous avons demandé à ce qu’elle soit repliée », raconte Francis Foussard, secrétaire général de la CGT du Département. « Un syndicat qui organise une manifestation doit tenir ses troupes », estime Christophe Serre.
« On a sûrement fait une erreur, on aurait dû l’enlever avant… Nous aurions dû être davantage vigilants », reconnaît Francis Foussard. Claire Morvan, représentante du personnel CGT, ajoute : « Je suis une femme, pas vigile… Les agents étaient en colère (…) Ce qui est le plus vexant, c’est que certains puissent imaginer que la CGT puisse tenir des propos homophobes et racistes ! Cela fait 30 ans que je défends toutes ces valeurs humanistes, des valeurs transmises par ma famille. Ma mère était au MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples). »
« Je suis atterrée que l’on puisse croire que la CGT ait des propos homophobes »
La syndicaliste déplore également : « D’autres syndicats ont envoyé un mail à tous les agents, à 11h48, pour dire que nous avions tenu des propos homophobes. Je suis atterrée que l’on puisse croire que la CGT ait des propos homophobes et racistes… On s’est excusés, je pense que cela doit s’arrêter. » Aujourd’hui, la CGT est le premier syndicat représentatif du Conseil départemental. De nouvelles élections professionnelles doivent se tenir en décembre au sein de la collectivité.