Ce sont les moins de 17 ans, les moins de 20 ans et les seniors qui ont tiré durant la compétition. Champions d'aujourd'hui et champions de demain, plus de 1 000 compétiteurs se sont affrontés sur 43 pistes réparties dans quatre salles du complexe sportif durant tout le week-end.
Un événement d'envergure nationale avec une touche internationale
Pour l'épreuve senior masculine, ce sont 308 tireurs qui se sont élancés sur les pistes, dont une petite vingtaine d'étrangers venus se mesurer au niveau national français. Parmi eux, le 15e mondial Yann Aouri côté suisse, un Danois classé 62e mondial et un Colombien 65e mondial. « En France, on a quand même un excellent niveau, malheureusement le public ne peut le voir qu'une fois tous les quatre ans lors des JO, un des seuls événements où l'escrime est diffusé sur les écrans. », souligne Fulcran Felzard, président de la Société d'Escrime de Nîmes, visiblement fier de l'affiche constituée.
C'est finalement un épéiste de Douai, Dominici, qui s'est imposé chez les seniors samedi, devant le suisse Favre en finale. Une belle démonstration de niveau dans un plateau particulièrement relevé.
Pour accueillir cet événement, le club a mobilisé l'intégralité des espaces disponibles de la Halle des Sports inaugurée il y a à peine un an et demi : la salle d'armes, la salle de gymnastique rythmique, la salle omnisport et la salle polyvalente. Quarante-trois pistes au total, installées en cinq jours de montage. « On partait de zéro dans ce lieu, c'était un vrai défi logistique », reconnaît le président, qui précise que la préparation globale d'un tel événement, entre candidature, montage budgétaire et dossier technique, s'étale sur six mois de travail.
Les jeunes Nîmois brillent à domicile
Dimanche, les catégories de jeunes ont offert leur lot d'émotions, avec en point d'orgue le sacre du nîmois Liam Moulin chez les moins de 20 ans. International français M20 et pensionnaire du Pôle Espoir, il a couronné une saison de travail acharné par une performance magistrale : invaincu de toute la journée. Il a décroché le titre en finale sur le score de 15-14, dans un duel haletant où il est revenu de derrière pour l'emporter. Une vraie récompense, autant pour le tireur que pour son club.
Chez les moins de 17 ans, la nîmoise Justine Fabre a quant à elle décroché une belle 7e place, signe d'un niveau de compétition particulièrement relevé dans cette catégorie.
La plus ancienne association sportive de Nîmes dans sa meilleure période
Fondée en 1883, la Société d'Escrime de Nîmes est la doyenne des associations sportives nîmoises. Et selon son président, elle traverse actuellement sa meilleure période depuis deux ans. Le club compte aujourd'hui douze internationaux, toutes catégories et tous genres confondus, et peut se targuer d'avoir décroché deux titres de champions d'Europe au début du mois de mars. « On a une équipe senior en première division, qui est une équipe jeune. On espère pouvoir se qualifier pour la Coupe d'Europe d'ici trois saisons », confie-t-il avec ambition.
Organiser de tels événements à domicile répond à une logique à la fois sportive et économique. « C'est cinq compétitions qu'on ne fera pas en déplacement. C'est une économie de coûts, quand on voit combien nous coûtent les locations de minibus, l'essence, l'hébergement. » Mais l'enjeu dépasse largement le seul aspect financier. « C'est surtout une vitrine exceptionnelle pour l'escrime. On a du mal à faire parler de notre sport, donc c'est bien. »
Nîmes, une ville de tradition dans les grandes compétitions d'escrime
Ce n'est pas la première fois que Nîmes accueille des compétitions d'envergure dans ce sport. La ville a déjà organisé quinze épreuves de Coupe du Monde et les Championnats du Monde dans les arènes couvertes. Une tradition que le club entend bien perpétuer. Car la Semaine de l'épée n'est qu'une étape. La Société d'Escrime de Nîmes vient d'obtenir l'organisation d'un championnat de France M17 et M20 pour le mois de mai 2026, du 6 au 9 mai, sur le week-end de l'Ascension. Huit épreuves au programme sur quatre jours, individuel et par équipes, filles et garçons.
« C'est l'image de la ville de Nîmes qu'on véhicule », conclut le président. Un message reçu cinq sur cinq ce week-end, dans une Halle des Sports qui n'avait encore jamais accueilli un événement de cette envergure, et qui a visiblement passé ce premier crash-test avec succès, et avec une médaille nîmoise en poche.