Les Halles de Nîmes sont l'âme du cœur de ville, un joyau à protéger. Chacun des trois candidats du deuxième tour a une vision différente pour son futur, qui ravit ou non les étaliers. Ce mercredi soir, Rafael Lafare, étalier des Halles, a pris la parole sur la scène du meeting de Vincent Bouget. Positionné en faveur de la liste "Nîmes en commun", son discours aura fait grincer quelques dents au sein des étaliers. Certains ont d'ailleurs souhaité témoigner, anonymement ou non.
"J'ai été assez choqué et surpris par les propos. Ce n'est pas parce qu'on est étaliers qu'on pense tous la même chose, on n'a pas tous été concertés avant qu'il prenne la parole et nous ne sommes pas tous communistes", s'exprime un des salariés, dans le milieu de la viande. Une autre salariée d'un autre étal a apporté son témoignage : "J'ai été un peu surprise du discours, ce n'est pas du tout en rapport avec mes idées. Je me suis rendue au meeting d'un des deux autres candidats, qui nous a expliqué son projet, qui me plaît beaucoup". "Je ne me reconnais pas dans ce collectif", explique une autre.
Également porte-parole du collectif Hall'Erte, Rafael Lafare a assuré avoir parlé en son nom. "Suite aux différents articles publiés, je souhaite clarifier un point essentiel. Je me suis exprimé hier en mon nom propre. Je ne parle bien sûr pas au nom de l’ensemble des salariés des Halles, encore moins des étaliers, contrairement à ce que peuvent laisser entendre certains articles. Certains peuvent se retrouver dans ce que j’ai dit, d’autres non — et c’est totalement légitime. Chacun est libre de ses opinions, et c’est justement cela, la démocratie. Le collectif Hall’Erte n’a pas vocation à uniformiser les prises de parole, mais à permettre à chacun d’exister dans le débat", a-t-il expliqué.
Vincent Vergne, président du comité des Halles, a souhaité rappeler certains faits. "Nous sommes commerçants, donc nous ne sommes pas censés faire de la politique. Il y a aujourd'hui deux projets qui sont en notre faveur, un autre en dessous", avant de continuer : "La politisation a toujours existé dans les Halles. Certains étaliers étaient engagés sur des listes à Nîmes". Mais la pensée unique n'existe pas dans l'antre nîmois et toutes les sensibilités politiques sont représentées, aussi bien sur les échiquiers gauche et droite.
Le fromager a ensuite exposé sa vision. "Les Halles, ce sont des familles et des emplois qui font vivre, 350 pour être plus précis. Si le projet de rénovation des Halles se fait comme prévu, le centre-ville va se retrouver en difficulté. Quand les Galeries Lafayette ont été créées, la Coupole n'avait pas décidé de fermer. On n'est pas contre les travaux mais il faut que ce soit avec le respect de nos entreprises. Julien Sanchez promet dans son programme que nous puissions avoir des baux commerciaux. Vincent Bouget propose la création d'une société coopérative où tout le monde serait impliqué et nous garantirait aussi de rester dans les lieux".
En clair, la majorité des étaliers souhaite garder cette ambiance authentique et de forum nîmois, où les rires fusent, les discussions s'éternisent et où le lien social perdure. Une alchimie qui rassemble et forge une identité, ainsi qu'un art de vivre.