La Mission locale de Nîmes Métropole a retrouvé un équilibre financier, mais la sortie de crise laisserait malheureusement des traces. C’est le message porté par l’intersyndicale de la Mission Locale Jeunes de Nîmes Métropole qui a tenu à rendre publique sa lecture de la situation après deux ans de restructuration et de tensions internes. “Budgétairement parlant, les choses ont été à peu près remises. Après, évidemment, la partie humaine, syndicale, qui nous amène aujourd’hui à communiquer, c’est un vécu beaucoup plus compliqué… » témoigne Marjorie T., déléguée syndicale Santé chez MLJ Nîmes Métropole.
La Mission Locale Jeune (MLJ) accompagne pourtant près de 5 000 jeunes chaque année sur le territoire nîmois. Selon l'intersyndicale, elle avait plongé dans une crise majeure en 2023 après “une mauvaise gestion du couple directeur-présidence”, entraînant un déficit de plus d’un million d’euros. “On frôlait le dépôt de bilan, la liquidation judiciaire”, rappellent-ils.
Si les financeurs publics ont permis d’éviter le pire, les représentants du personnel dénoncent aujourd’hui les conséquences du redressement sur les équipes. “On a perdu 30 % du personnel en l’espace de deux ans”, affirme l'intersyndicale MLJNM, évoquant également “des arrêts maladie, des démissions et des inaptitudes au poste".
“On perd la pluridisciplinarité”
Au-delà des conditions de travail, l'intersyndicale s’inquiète surtout de l’évolution de l’accompagnement proposé aux jeunes. Elle alerte notamment sur la disparition progressive des postes de psychologues au sein de la structure : "On a vraiment une très forte demande d’accompagnement psychologique”, explique Emmanuel L. délégué syndical, rappelant que “la santé mentale des jeunes est très dégradée".
Pour les représentants du personnel, la Mission locale ne peut pas fonctionner uniquement avec une logique de résultats chiffrés liés à l’emploi. “Le conseiller ne peut pas faire tout, on perd la pluridisciplinarité.” Malgré tout, elle assure vouloir renouer le dialogue avec la nouvelle présidence portée par Nîmes Métropole. “On est prêt à travailler ensemble”, affirme l'intersyndicale, qui dit vouloir défendre “un véritable service public efficace” pour les jeunes du territoire.