Le matin, trois personnes en situation de handicap ont participé à une randonnée dans les gorges du Gardon, transportées dans une joëlette portée par des salariés de Veolia. "Les gens portent la joëlette à 3 ou à 4. Ça donne de la sensation. Pour les handicapés, il faut profiter de ça pour sortir de son confort", témoigne Samy, l'un des jeunes en situation de handicap.
Pendant la randonnée, dans la salle polyvalente de la commune, dix ateliers étaient proposés aux enfants de trois écoles de Montfaucon, Montagnac et Saint-Anastasie, autour de l'économie d'eau, de la limitation des déchets et des pollutions. Un bar à eau permettait également aux élèves de comparer différents types d'eau et d'apprendre à reconnaître l'eau du robinet. L'après-midi était consacré à une remise de trophées et médailles, avant un concert du groupe Les Indifférents, des musiciens en situation de handicap.
"Il faut plus d'événements comme ça pour les handicapés”
Pour Lionel, enseignant à l'école Maurice-Argue, la journée répond à un objectif pédagogique précis. "Ce qui nous intéresse, c'est confronter les enfants à la situation de handicap pour qu'ils éliminent leurs préjugés. Souvent, les enfants entre eux peuvent être très durs avec les personnes différentes. C'est là qu'on apprend la différence." Sa classe compte elle-même des enfants présentant des troubles divers, ce qui rendait selon lui cette rencontre particulièrement pertinente.
Renaud Orsucci, directeur du territoire Gard-Lozère pour Veolia Eau, souligne de son côté l'intérêt de croiser ces publics qui ne se côtoient pas habituellement. "Ça permet de mettre en relation trois mondes qui, peut-être, ne se croisent jamais. Les scolaires d'aujourd'hui sont les citoyens de demain et c'est important qu'ils aient cette sensibilité environnementale."
Samy, participant en situation de handicap, exprime quant à lui une attente claire : "Il faut plus d'événements comme ça pour les handicapés. Il faut parler plus, pour montrer aux gens qu'on peut faire beaucoup plus de choses. Il faut ouvrir plus de portes pour nous."
L'entreprise Envie de Sens, fil rouge du projet
L'Inclusive Cup est portée par Cindy Le Falher, fondatrice d'Envie de Sens, qui œuvre depuis plus de vingt ans dans le secteur du handicap. Ancienne professeure de sport en structure spécialisée, elle utilise le sport comme outil pour lutter contre l'isolement des personnes accueillies en établissement. "L'idée, c'est de créer du lien. Ces personnes sont souvent invisibles dans la vie de la cité."
Le partenariat avec Veolia est structurant pour l'événement. "Sans eux, ça n'existe pas. Moi, je peux avoir les idées, mais eux arrivent avec les moyens humains et financiers", explique-t-elle. La première édition s'était tenue à Narbonne, la deuxième dans l'Hérault. Une quatrième édition est envisagée. En attendant, Cindy Le Faller prépare déjà la traversée du Gard à la nage la semaine prochaine, en tractant un jeune homme en situation de handicap dans un kayak, avant de tenter le détroit de Gibraltar sans combinaison en septembre.