C’est une dette de stupéfiants qui a lancé toute cette affaire. La victime, un homme dépendant de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) et récemment opéré, se déplace alors en béquille. Cocaïnomane, il aurait une dette de stupéfiants d’un montant 140 € auprès d’Adel, le prévenu du jour. S’estimant lésé, ce jeune membre du réseau de stupéfiants et habitué à profiter de la gentillesse de la victime l’aurait obligé à lui confier sa carte bleue et son code. Le tout, dans le but de retirer lui-même l’argent qui lui était dû. L’homme d’une vingtaine d’années aurait alors dit à la victime de le rejoindre, au niveau d’un distributeur de billets du boulevard Gambetta, à Nîmes.
Une fois sur place et avant l’arrivée de sa victime, il aurait effectué un premier retrait de 200 €, peu après 21h, le 22 février 2023. Une somme qu’il conteste avoir retirée, malgré son identification sur les caméras de vidéosurveillance du distributeur. Quelques minutes plus tard, la victime fait son apparition et s'occupe d’un second retrait, cette fois de 140 €, soit le montant présumé de la dette. Bien sûr, sans se douter qu’un précédent retrait a déjà eu lieu. Les images des caméras montrent alors le prévenu prenant les billets des mains de sa victime. « Ça ne s’est pas passé comme ça, monsieur », conteste Adel, qui livre alors une tout autre version des faits. Le jeune homme reconnaît avoir été présent lors du second retrait, mais que la victime ne lui doit alors que 40 €, qu’il a récupérés avant de lui rendre le restant.
« Il confie régulièrement sa carte pour que l’on lui fasse des retraits », intervient maître Hugo Ferri. Selon la procédure, la victime se ferait plutôt envahir, jusque dans son domicile, par des membres du réseau. L’avocat de la défense a ensuite souligné que l’état de vulnérabilité n’a pas été soulevé concernant la victime, et à juste titre selon lui. « Être cocaïnomane n’ouvre pas le droit au statut protecteur de personne vulnérable », ironise-t-il. Il a ensuite plaidé la relaxe pour son client, pourtant bien connu des services de police. Avec pas moins de treize mentions sur son casier judiciaire, dire de lui qu'il a eu maille à partir avec la justice semble être un euphémisme. Après délibération, le tribunal l’a déclaré coupable d’extorsion et d’escroquerie. Il a donc été condamné à 8 mois d’emprisonnement. Concrètement, Adel ne va pas immédiatement exécuter cette peine. Il va être convoqué devant un juge d’application des peines (JAP) pour étudier un potentiel aménagement.