Artiste lui-même et galeriste, Frédéric Ramadier a à coeur « de présenter des artistes émergents de la région », souligne-t-il. Pierre Saladin en est assurément un : originaire de Cornillon, installé désormais à Toulon, il commence, à 27 ans seulement, à se faire un nom.
Il faut dire que ses peintures, à la frontière entre le figuratif, l’existentialisme et la métaphysique, interpellent. « Il a été très influencé par Francis Bacon, notamment pour ses portraits, et par des peintres expressionnistes et symbolistes de la fin du XIXᵉ et du début du XXᵉ siècle, notamment Edvard Munch », explique Frédéric Ramadier.
Sa peinture, nocturne, met en scène des personnages à la fois présents physiquement, mais absents dans leur attitude, dans des lieux de passage. Une ambiance plus insomniaque qu’onirique, vaguement inquiétante, s’en dégage. On y distingue le passage du temps, l’attente, mais aussi l'égarement chez des personnages qu’on imagine jeunes, comme leur auteur, et qu’on pressent un peu paumés, las d’être là.
« C’est une peinture empreinte de beaucoup de mélancolie », résume Frédéric Ramadier, peinture qui se décline en grands comme petits formats qui partagent une même puissance.
L’exposition « Lisières sourdes » est à découvrir jusqu’au 8 juin à La Galerie, 6 montée du Château, à La Roque-sur-Cèze. Du jeudi au lundi de 11h à 18h. Entrée libre.