« Uzès, la métamorphose - mémoires d’une ville » : le titre de cette exposition en dit long sur son propos. Une exposition comme « un pas de côté », estime le maire Jean-Luc Chapon, après quatre éditions qui ont vu passer des grands noms de l’art, comme Picasso ou Monticelli, « pour célébrer le patrimoine exceptionnel de la cité ducale », explique le maire, qui compte aussi « marquer le 50e anniversaire de la disparition d’André Malraux. »
André Malraux qui, au ministère de la Culture aura, via la loi qui porte son nom, permis de transformer Uzès. L’idée est donc, grâce à cette exposition entièrement conçue par les services municipaux avec le fonds de photos de Thierry Vincent, qui fut un acteur de cette renaissance, de permettre de « mesurer pleinement le chemin parcouru pour redonner à notre ville sa splendeur », avance Jean-Luc Chapon.
Au coeur de ce projet, il y a Mireille Olmière, archiviste de la ville depuis 34 ans, qui s’apprête à prendre sa retraite. Avec un point de départ : « l’effondrement d’un immeuble de la place aux Herbes en 1960 qui a fait 2 morts et 6 blessés », rejoue-t-elle. C’est de ce fait divers que va partir l’idée de restaurer Uzès.
Seulement à l’époque, il s’agit d’une ville pauvre, de 6 000 habitants à peine. Alors le Secteur sauvegardé, et les moyens qu’il donne, va être une aubaine, et un premier secteur est délimité au mitan des années 1960. Il comprend l’intérieur des boulevards, l’esplanade et la promenade des Marronniers. « Dans ce secteur, la ville a le droit d’imposer des restaurations ou de racheter les bâtiments si les propriétaires refusent de les restaurer », explique Mireille Olmière.
Tout commence par un état des lieux, qui n’est pas beau à voir. « Sur 360 bâtiments du coeur de ville, la moitié est en mauvais état, dont certains en très mauvais état voire en ruine », explique-t-elle. Le chantier sera colossal, et il est retracé par de nombreuses photos et documents d’époque, mais aussi via des témoignages audio d’habitants.
L’exposition revient aussi sur l’usage de la place aux Herbes à travers les époques, du temps où, au XVIIIe siècle, on y trouvait une halle et un lot de maisons détruites au XIX siècle, lorsque les politiques publiques incitaient à aérer et à ensoleiller les centres bourgs. Du temps aussi où, toujours au XVIIIe, la place était un lieu de justice, où un piloris humiliait les délinquants les jours de marché.
L’exposition permet aussi de revenir sur l’urbanisation d’Uzès à travers les époques, mais aussi sur son quartier épiscopal, de l’époque où l’évêque d’Uzès régnait du Rhône aux Cévennes à celle, plus récente, où l’évêché accueillait une sous-préfecture, supprimée il y a un siècle, puis la police et les CRS jusqu’à 1970. Le bâtiment, touché par l’effondrement de la dalle du 2e étage, restera ensuite inutilisé pendant des décennies, avant de retrouver son lustre.
Une exposition est consacrée à des dessins d’enfants, invités à dessiner leur Uzès du futur. Les collèges Lou Redounet et Trintignant ont planché sur la question, et les jeunes visiteurs de l’exposition sont incités, via une urne, à en faire de même.
L’exposition est ouverte jusqu’au 25 octobre à l’ancien évêché. Tarif 5 euros, gratuit pour les moins de 15 ans et les groupes scolaires, tarif réduit 3 euros. Plus d’informations ici.