Les difficultés des entreprises françaises ne faiblissent pas. Selon le dernier baromètre publié par Altares, 17 486 procédures collectives ont été ouvertes au deuxième trimestre 2026, soit une hausse de 5,4 % sur un an. Depuis le début de l'année, 37 700 entreprises ont fait défaut, près de 1 500 de plus qu'au premier semestre 2025. Malgré un léger ralentissement de la progression, le niveau des défaillances demeure près de 40 % supérieur à celui observé avant la crise sanitaire.
L'Occitanie n'échappe pas à cette tendance. La région enregistre une hausse de 6,8 % des défaillances, supérieure à la moyenne nationale, avec des tensions particulièrement marquées dans plusieurs départements.
Dans le Gard, davantage de créations… mais surtout des entrepreneurs individuels
Au tribunal de commerce de Nîmes, les statistiques du premier semestre 2026 dressent un tableau contrasté. Les immatriculations progressent de 7 % avec 4 059 nouvelles entreprises, mais cette dynamique cache une réalité plus nuancée. Près de la moitié des créations (45 %) concernent des entrepreneurs individuels, dont le nombre bondit de 18,5 % en un an.
Pour Maître Jean-David Vidal, greffier du tribunal de commerce de Nîmes, cette hausse ne doit pas masquer la faiblesse du tissu économique qui se crée. « Les créations d'entreprise augmentent d'environ 7 %, mais il s'agit majoritairement de très petites entreprises, sous le statut d'entrepreneur individuel. Elles génèrent peu de création de richesse et peu d'emplois. »
Les secteurs les plus dynamiques restent le commerce (826 créations), les activités immobilières (658), les professions spécialisées (398) et les transports (353). En revanche, la construction (-13,4 %) et l'hébergement-restauration (-10,7 %) enregistrent un recul des créations.
Une explosion des radiations volontaires
L'autre enseignement majeur concerne les radiations. Le greffe de Nîmes en a enregistré 3 007 au premier semestre, soit une hausse spectaculaire de 47 %. Les radiations volontaires progressent à elles seules de 70,9 %, représentant près de la moitié des cessations d'activité.
Pour Maître Jean-David Vidal, ces chiffres traduisent un profond manque de confiance chez de nombreux dirigeants. « Beaucoup d'entrepreneurs jettent l'éponge. Ils parviennent encore à payer leurs dettes, mais ils n'ont plus de visibilité ni d'espoir sur le développement ou la poursuite de leur activité. »
Les secteurs les plus concernés par ces fermetures sont le commerce, l'hébergement-restauration, les transports, la construction et l'immobilier.
Les liquidations judiciaires largement majoritaires
Le tribunal de commerce de Nîmes a ouvert 379 procédures collectives au cours des six premiers mois de l'année, soit une progression de 13,8 %. Parmi elles, 282 liquidations judiciaires (+16 %) représentent près de trois quarts des décisions, contre seulement cinq procédures de sauvegarde.
Les secteurs les plus touchés restent la construction (83 procédures), le commerce (76) et l'hébergement-restauration (67), ce dernier enregistrant une hausse de près de 56 % en un an.
Pour le greffier du tribunal de commerce, cette situation s'explique aussi par un effet de rattrapage. « D'expérience, nous restons sur un taux de défaillance relativement normal auquel s'ajoute le rattrapage de la période Covid. »
Une économie qui peine à retrouver son souffle
Au niveau national, Altares constate que les très petites entreprises et les sociétés de moins de trois ans demeurent les plus vulnérables. Les secteurs des services, de la restauration, de l'hôtellerie, de la santé ou encore de l'agriculture restent particulièrement exposés. Si le nombre d'emplois menacés recule à 58 830 salariés, les perspectives demeurent prudentes.
Thierry Millon, directeur des études d'Altares, estime que la faible croissance économique, la consommation en berne et des coûts d'exploitation toujours élevés continuent d'éroder les trésoreries des entreprises. Selon lui, 34 000 à 35 000 nouvelles procédures collectives pourraient encore être enregistrées au second semestre 2026, preuve que la sortie de crise est loin d'être achevée.