La bataille pour sauver les sites Fibre Excellence de Tarascon et de Saint-Gaudens se poursuit jusque dans les plus hautes sphères de l'État. Ce jeudi 9 juillet, à l'occasion du passage du Tour de France, des salariés de l'entreprise se sont mobilisés afin d'alerter les pouvoirs publics sur l'urgence de leur situation.
Dans un communiqué diffusé ce vendredi, la CGT indique avoir été reçue par des représentants de l'Élysée, qui lui ont assuré de « l'engagement personnel du président de la République » dans ce dossier. Selon le syndicat, Emmanuel Macron souhaite voir la production redémarrer et éviter la liquidation des deux usines.
Cette rencontre intervient quelques jours après le renvoi de l'audience devant le tribunal de commerce. Les juges ont accordé un ultime délai aux repreneurs pour lever les dernières conditions suspensives avant l'audience décisive fixée au 27 juillet. À défaut, la liquidation judiciaire pourrait être prononcée.
« Des solutions peuvent être trouvées »
D'après la CGT, les échanges avec la présidence ont permis de dégager plusieurs orientations. Le syndicat affirme qu'un consensus existe sur la possibilité de lever les conditions suspensives qui freinent encore la reprise. Il estime également que les aides publiques doivent désormais être orientées vers un projet « rentable économiquement, socialement et vertueux sur le plan environnemental ».
Autre point mis en avant : la nécessité, selon le syndicat, que l'État protège les usines face aux éventuelles actions de l'ancien actionnaire Asia Pulp & Paper (APP). La CGT avance que ce dernier serait engagé dans une stratégie visant à reprendre les usines européennes du groupe Essity afin d'y écouler de la pâte à papier produite hors d'Europe, ce qui expliquerait, selon elle, son désengagement de Fibre Excellence et sa volonté d'empêcher le projet de reprise actuellement étudié.
Toujours selon le syndicat, les représentants de l'Élysée ont indiqué que le chef de l'État souhaitait également une augmentation de la part des investissements apportés par le repreneur privé.
Une réunion réclamée dès la semaine prochaine
La CGT appelle désormais Emmanuel Macron à réunir, dès la semaine prochaine, l'ensemble des parties prenantes afin de finaliser les derniers aspects techniques et financiers du dossier. Son objectif est de permettre la reprise effective des sites de Tarascon et de Saint-Gaudens, la remise au travail des 670 salariés concernés ainsi que la poursuite du projet Chapelle-Darblay.
Pour le syndicat, l'heure n'est plus aux déclarations d'intention. « Les engagements doivent se traduire en actes immédiats », estime la CGT, qui affirme poursuivre sa mobilisation jusqu'à l'aboutissement d'une solution pérenne pour les deux usines.
À ce stade, la présidence de la République n'a, pour l'heure, ni confirmé ni commenté publiquement ces éléments.