Hier, sur notre plateau, le paysan Patrick Viala, président du Mas des agriculteurs, était bouleversé. Il faut dire que depuis trop longtemps maintenant, les acteurs de la terre sont dans une souffrance extrême. Chez nous, c'est davantage le cas avec les aléas liés au changement climatique qui bouleversent l'ensemble des équilibres. La patience a donc laissé place à la colère chez certains agriculteurs. Comment leur en vouloir ? Quand il ne reste plus grand-chose pour se faire entendre… Bien sûr, aucune violence n'est acceptable. Encore moins quand la méthode consiste à détruire. Mais il est désormais urgent de trouver des solutions pour combler le vide politique face à une réalité si terrible. Aujourd'hui, on franchit un nouveau cap avec l’accord de libre-échange UE-Mercosur. Une alliance qui ajoute une pression supplémentaire aux agriculteurs avec cette nouvelle concurrence déloyale de produits agricoles sud-américains moins chers et aux normes si différentes. Le président Emmanuel Macron a annoncé hier que la France voterait contre lors du vote des États membres. Une prise de conscience tardive, mais salutaire qui prend enfin en compte du rejet massif du monde agricole français. Et des parlementaires. Pour rappel, l’Assemblée nationale et le Sénat français avaient déjà voté des résolutions contre le traité. Cependant, malgré le choix de la France, le vote des États membres devrait être majoritaire et l’accord pourrait être validé. Ainsi, l'isolement de notre pays est en marche. Pour une seule raison : nous avons trop tergiversé sur cet accord. C'est trop tard ! Notre pays veut aujourd'hui imposer des clauses miroirs, des quotas, etc. Mais la négociation a débuté il y a plus de 20 ans avec les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay). Face au nouveau contexte géopolitique, les pays européens craignent que l'absence d'accord aujourd'hui empêche définitivement tout projet d'échanges demain. De surcroit, parce que la signature de ce grand partenariat stratégique privilégie surtout l'industrie, notamment le marché automobile en concurrence vitale avec la Chine. Face à ces enjeux, à Bruxelles, Patrick Viala, l'agriculteur gardois au pied des Cévennes, ne compte pas. Pourtant, produire une alimentation de qualité au juste prix devrait être non négociable.
Publié il y a 14 h -
Mise à jour le 09.01.2026 - Abdel Samari - 2 min
ÉDITORIAL Des bagnoles au détriment d'une alimentation de qualité au juste prix
Aujourd'hui, on franchit un nouveau cap avec l’accord de libre-échange UE-Mercosur.
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Abdel Samari