Publié il y a 8 mois - Mise à jour le 20.09.2023 - Abdel Samari - 2 min  - vu 720 fois

ÉDITORIAL Essence chère : et pourquoi ne pas piocher dans les vieilles recettes ?

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Photo Corentin Migoule

L'État pourrait s'inspirer des autres présidents ou gouvernements en baissant la taxe intérieure sur les produits pétroliers. Le gouvernement de Lionel Jospin en avait fait l'expérience. François Hollande aussi en 2012 confronté à une hausse des carburants.

Les prix de l'essence enregistrent leur onzième semaine consécutive à la hausse. Le sans plomb 98 franchit pour la troisième fois cette année la barre symbolique des 2 euros. Idem pour le diesel, carburant le plus vendu avec quasiment 80% des volumes. Face à cette inflation exponentielle, la perte de pouvoir d'achat des travailleurs contraints de prendre leur véhicule pour se rendre sur leur lieu de travail, le Gouvernement a sorti du chapeau une nouvelle proposition. Il veut autoriser la vente à perte de carburants d'ici la fin de l'année pour une durée de six mois. En gros, les distributeurs devront s'asseoir pas seulement sur une possible rentabilité, mais aussi sur le prix d'achat initial par rapport au tarif de revente. Cela ne posera probablement pas beaucoup de difficultés à la grande distribution qui, depuis des mois et des mois, profite de la crise. Mais pour les indépendants, c'est la soupe à la grimace. Ces derniers attendent un geste de compensation de l'exécutif. Rien n'est moins sûr. Plusieurs mesures pourraient faire la différence : la baisse des taxes sur plusieurs mois pour compenser les hausses vertigineuses. Autre astuce : autoriser les employeurs à appliquer un montant de frais de déplacement sur les fiches de paie exonérées de toutes charges et impôts. L'État peut aussi s'inspirer des autres présidents ou gouvernements en baissant les produits pétroliers (TIPP). Le gouvernement de Lionel Jospin en avait fait l'expérience. Déjà testé, et déjà approuvé. À son arrivée à l'Elysée en 2012, confronté à la même situation, François Hollande avait fait preuve de bon sens. Le président socialiste avait proposé de bloquer les prix à la pompe pendant trois mois et avait lancé le rétablissement du système de la « TIPP flottante. » Bien entendu, ces mesures ne sont pas sans conséquences. Baisser la taxe intérieure sur les TIPP entraîne une baisse des recettes de l'État. Pour un temps. L'idée permet en tout cas de réduire cette taxe en période de hausse et de l'augmenter en période de baisse. Actuellement, cette solution permettrait de soulager les professionnels par une baisse immédiate du prix du carburant. En attendant que le cours du pétrole arrête de s'affoler...

Abdel Samari

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