Publié il y a 1 h - Mise à jour le 07.04.2026 - Abdel Samari - 2 min  - vu 150 fois

ÉDITORIAL Réforme du chômage : le sénateur Laurent Burgoa en première ligne

Le sénateur gardois, Laurent Burgoa

- Photo Corentin Corger

Laurent Burgoa rapporte un texte qui entend réduire les dépenses de l’assurance chômage, mais qui pourrait aussi fragiliser un équilibre déjà précaire entre entreprises et salariés.

Faut-il rogner sur les droits des chômeurs pour sauver l’équilibre du système ? Depuis mercredi dernier, le Sénat se penche sur la réforme de l’assurance chômage. Un texte dont le sénateur du Gard, Laurent Burgoa, vient d’être nommé rapporteur, à la faveur d’un changement du calendrier législatif. Ce projet de loi transpose l’accord conclu le 25 février entre plusieurs organisations syndicales (CFDT, FO, CFTC) et patronales (MEDEF, CPME, U2P). Au cœur des discussions : les règles encadrant les ruptures conventionnelles, devenues en quelques années un levier central des transitions professionnelles. Le phénomène a pris de l’ampleur. Ces ruptures représentent désormais près d’un quart des dépenses de l’assurance chômage, soit 9,4 milliards d’euros, en hausse de 63 % depuis 2015. Sur le papier, l’ambition est claire : concilier équilibre financier du régime, équité entre les assurés et efficacité du retour à l’emploi. Laurent Burgoa assure vouloir veiller à la conformité du texte avec l’accord trouvé entre partenaires sociaux. Mais derrière cet équilibre affiché, l’objectif est aussi budgétaire. Selon le sénateur gardois, la réforme pourrait générer, « à l’horizon 2029, entre 600 et 800 millions d’euros d’économies annuelles ». Le levier est connu : réduire la durée d’indemnisation. Elle serait ramenée à 15 mois pour les demandeurs d’emploi de moins de 55 ans. Les plus de 55 ans, ainsi que les résidents des territoires ultramarins, pourraient aller jusqu’à 30 mois, avec un palier intermédiaire à 20,5 mois. Reste une question essentielle : quel sera l’impact réel de cette réforme sur un équilibre fragile entre les besoins des entreprises et les aspirations des salariés ? Car la rupture conventionnelle n’est pas qu’un coût. C’est aussi un outil de souplesse, parfois une solution de sortie moins brutale pour des salariés fragilisés. À trop vouloir rationaliser, le risque est de rigidifier. Une entreprise en difficulté pourrait demain hésiter davantage avant de recruter. Et un salarié pourrait réfléchir à deux fois avant de s’engager dans un poste qui ne lui correspond pas pleinement. À court terme, les économies sont là. Mais à moyen terme, le pari est plus incertain. Et comme souvent en matière d’emploi, les effets réels pourraient être bien différents des intentions affichées.

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