Louise Pernici a pris son temps pour trouver le spot idéal. "Huit mois de recherche de terrains, explique la jeune entrepreneuse, qui vient de Savoie. À Saint-Christol-lès-Alès, à l'ancien camping de Mialet, etc." Jusqu'à trouver ce terrain partiellement défriché, sur les hauteurs de Gagnières. Végétation, intimité, proximité du centre-ville, "ici, on peut être vite partout, résume Louise Pernici. On a rencontré le maire, qui nous a dit 'J'attendais une rencontre'."
"Il y avait bien eu deux ou trois porteurs de projet, se remémore Olivier Martin : des habitats insolites, des Anglais qui voulaient faire un centre de formation... On a récupéré le terrain en 1987. Il avait été donné aux HLM à condition d'y faire soixante logements, ils n'en ont fait que seize. L'emplacement est idéal, à deux pas de la voie verte avec, en dessous, de l'habitat inclusif, un city-stade et la salle des rencontres avec le pôle social de la mairie."
"Le projet s'est construit sur cinq ans, poursuit Louise Pernici. Avec le sujet du vieillissement de la population, il devient économiquement viable." Les hébergements sont conçus en collaboration avec des kinésithérapeutes et des ergothérapeutes, pour anticiper l'espace nécessaire au public en perte d'autonomie, qu'il soit en situation de handicap permanent, composé de seniors fragilisés, de personnes sur le flanc provisoirement suite à un accident, ou même d'une mère seule avec une poussette. "En France, plus de 12 millions de personnes vivent avec un handicap, explique l'entrepreneuse, et la part des plus de 65 ans ne cesse d’augmenter. Notre but est d'être universellement accessible."
En plus de logements adaptés, le village Stories Évasion prévoit des espaces communs importants, avec un bar, et l'accueil de cours de cuisine et d'ateliers collectifs. "Des lieux de vie pour les habitants, résume Louise Pernici, c'est sans doute la plus belle réussite du projet. Le but est aussi que des personnes en situation de handicap rentrent chez elles avec des outils pour mieux vivre." Le village accueillera aussi du paramédical, comme des kinés, pour soulager les vacanciers. "Il y a 200 établissements médico-sociaux autour de nous, et les kinés ont du mal à trouver des locaux, avance le maire, Olivier Martin.
Côté modules d'hébergement, les structures en bois sont conçues du côté de Lille. "Elles sont prémontées en usine et montées en trois semaines sur site." Et ont une emprise au sol de 50 m², "avec une chambre en rez-de-chaussée, une banquette de deux lits simples, plus deux lits simples ou un double et un lit médicalisé". De quoi loger jusqu'à cinq personnes.
Malgré l'espace forestier, Olivier Martin est plutôt optimiste quant à l'accord des autorités de l'État, à commencer par la DDTM (direction départementale des territoires et de la mer). "Les logements seront disposés en arrondi sur une partie sans risques. On appliquera une OLD (obligation légale de débroussaillement) jusqu'à la voie verte. Et la piscine qui sera construite servira de point d'eau contre l'incendie. J'avais toujours rêvé d'avoir un point d'accroche à proximité de la voie verte."
Le village est attendu pour le deuxième trimestre 2027. Rapidement, donc. "Le terrassement, c'est de la bricole ici, rassure Olivier Martin. L'idée est d'implanter un tourisme qui ne soit pas que saisonnier." En attendant, le financement participatif se poursuit, avec retour sur investissement promis, à partir de 500 € sous forme d'obligations ou de 1 000 € en actions. Le projet, pilote, est accompagné par Alès Myriapolis.
Pour la collecte de fonds, via la solution d'investissement participatif Human for impact, les liens sont à retrouver ici et ici.