Publié il y a 1 h - Mise à jour le 26.05.2026 - François Desmeures - 3 min  - vu 40 fois

LE VIGAN Le magasin Biocoop passe sous statut coopératif

Les neuf associés au sein de la société coopérative et participative de la Biocoop (SCOP)

- DR

Si les magasins Biocoop portent en leur nom le statut qui les unit, chaque magasin possède son propre mode de gestion, de propriétaire unique à association. Alors qu'elle était seule gestionnaire, Marie Nurit a proposé à ses salariés de devenir associés du magasin, après huit ans seule à la manœuvre, ce qui permet aux associés d'être intéressés par le chiffre d'affaires. Pari tenu pour neuf d'entre eux, et objectif atteint pour Marie Nurit, qui trouve son bonheur dans le partage des responsabilités.

Les neuf associés au sein de la société coopérative et participative de la Biocoop (SCOP) • DR

Un travail de confiance et d'association. Depuis le 7 mai, le magasin Biocoop du Vigan est passé sous statut coopératif, au sein d'une chaîne de magasins en coopération, et dans des locaux qui appartiennent à des clients associés du magasin. La suite logique d'une histoire entamée en 1982, sur l'avenue Emmanuel-d'Alzon, avec le magasin La vie au naturel. 

Marie Nurit en devient gérante en 2012. "Puis, on a intégré le réseau Biocoop en 2018", explique-t-elle, avec l'ancien nom accolé au nouveau. Le changement d'enseigne s'accompagne d'un déménagement dans les locaux actuels, au bout du boulevard des Châtaigniers. Le magasin devient locataire de la SCI Castanha, créée pour l'occasion : la SCI est, en fait, l'émanation de la volonté d'une vingtaine de clients de pérenniser l'enseigne dans la sous-préfecture. Associés, ils ont investi et mis les locaux à disposition. 

Un engagement essentiel quand, en 2020, un incendie ravage le bâtiment, repoussant la Biocoop face au Super U, au bord de l'Arre, dès 2021. Mais les propriétaires n'ont pas flanché, ont fait réparer l'ensemble, et ont finalement permis la réinstallation du magasin en 2023. Depuis, le bâtiment a été équipé de panneaux solaires grâce - ici aussi - à une coopérative, celle, citoyenne, qui avait déjà équipé le toit de la ressourcerie. "Et en 2026, on célèbre notre passage en SCOP" (société coopérative et participative, NDLR), retrace Marie Nurit.  

Marie Nurit, lors de la signature de répartition des parts sociales • DR

Pour le client, le changement est invisible. Le magasin reste attaché - plus que jamais - à la charte et aux valeurs Biocoop. "Les trois-quarts de nos produits viennent de la plateforme, et un quart provient d'une production locale, détaille Marie Nurit, restée gérante, cette fois-ci élue, depuis le passage en SCOP. On travaille, d'ailleurs, avec 80 producteurs locaux pour le maraîchage, une part de l'épicerie, les châtaignes, les confitures, la brasserie, la cave, etc. Ce qui prend beaucoup de temps et pas mal de déplacements. Mais on doit donner la priorité au local." Et certains peuvent même, parfois, intégrer la plateforme nationale des magasins Biocoop, après 18 mois d'enquête et de mise à l'épreuve des produits.

"La certification bio est obligatoire, poursuit Marie Nurit. Nous sommes même les seuls du réseau où le magasin est certifié bio. On ne reçoit aucun produit par avion, et aucun produit provenant d'un pays en guerre. Et, bien évidemment, on respecte les saisons et aucun produit frais ne provient d'une serre chauffée." Le Biocoop viganais a même renoncé à l'eau en bouteille. "Mais on trouve, chez nous, tout l'assortiment pour vivre, rassure la gérante, de la nourriture à l'équipement."

Dans le magasin viganais • François Desmeures

Reste le prix, qu'on soupçonne forcément d'être plus élevé qu'ailleurs dans un réseau voué au bio. "Le réseau en pâtit forcément, regrette Marie Nurit. Mais ce n'est pas juste par rapport à Super U, par exemple : nos fruits et légumes bio sont moins chers que partout ailleurs. Biocoop, qui fête ses 40 ans, est parti du consommateur", insiste Marie Nurit.

"La SCOP, c'est un projet que j'avais depuis quelques années", poursuit celle qui aurait pu rester seule titulaire du titre de gérante, mais aussi seule face à ses responsabilités. "Cela naît d'une volonté de ne plus posséder, de partager les grandes décisions avec les salariés et d'un partage de la richesse." La gérance est désormais décidée, votée entre les neuf associés, "huit femmes et un homme", dont Marie Nurit, donc. "Aujourd'hui, ils possèdent leur outil de travail et participent aux grandes décisions de l'entreprise."

François Desmeures

Dans sa démarche, la Biocoop a été accompagnée par l'union régionale des SCOP. Et s'assure une continuité d'idées également par le recrutement. "On veut une sensibilité des salariés aux valeurs de la coopérative, précise Marie Nurit. Ici, nos salariés ont tous le souhait d'avoir un travail qui leur laisse du temps." Les contrats portent plus souvent sur 30 heures de travail par semaine que 35 heures. Dans le réseau, le personnel doit être embauché a minima 10 % au-dessus du SMIC, "et il n'y a pas de facteur 5 entre le salaire le plus bas et le plus élevé". En plus du partage des richesses entre associés, tous les salariés bénéficient d'une sixième semaine de congés payés.

Le 20 juin, le réseau fêtera les 40 ans de Biocoop. Le magasin du Vigan se joindra évidemment à la fête en ajoutant le passage en SCOP aux réjouissances. Le petit-déjeuner sera offert aux clients... mais il n'y en aura peut-être pas pour tout le monde.

https://levigan.biocoop.net/

François Desmeures

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