Ce mardi 20 mai à Nîmes, à la Chambre de commerce et d'industrie du Gard, Bruno Bonnell, secrétaire général pour l'investissement chargé du plan France 2030, a été reçu par le président Éric Giraudier et le préfet du Gard Jérôme Bonet pour évoquer l'action de l'État dans le Gard dans le cadre de ce vaste programme national de soutien à l'innovation, doté au global de 54 milliards d'euros. Un plan destiné à accélérer la décarbonation de l'industrie, l'électrification, l'intelligence artificielle ou encore les filières stratégiques françaises. Et visiblement, le Gard a plutôt bonne presse auprès du représentant de l'État !
"Je suis surpris parce que c'est un territoire avec un côté carte postale, mais aussi avec un territoire industriel remarquable", a expliqué Bruno Bonnell, avant de poursuivre, dans un sourire : "C’est un territoire particulièrement actif et performant. Très diversifié, très industriel et assez méconnu, pour vivre heureux, vivons cachés... donc on doit être très heureux dans le Gard."
84 millions d'euros investis dans le Gard
Dans le détail, le département compte aujourd'hui 63 projets lauréats accompagnés dans le cadre de France 2030, pour un montant total de 84 millions d'euros d'aides engagées. Plusieurs entreprises gardoises ont été citées, c'est notamment le cas d'Axens, soutenue pour son activité autour des électrolyseurs et des métaux critiques, mais aussi GeoLinks, pour ses technologies d’analyse et de surveillance de l’eau, ou encore d'UFV Bois, accompagnée dans le développement d'un procédé industriel de raboutage.
Des projets tous très différents, allant "de quelques centaines de milliers d'euros jusqu'à plusieurs millions", selon Bruno Bonnell, qui voit dans cette diversité un signe de vitalité du tissu économique local. Dans la région Occitanie, les montants engagés dépassent les 2,4 milliards d'euros depuis le lancement de ce dispositif en 2021, avec une forte présence des PME parmi les entreprises aidées.
"Il y a encore de l'autocensure"
Au-delà des chiffres, le représentant de France 2030 a surtout tenté d'envoyer un message aux entrepreneurs gardois : celui d'oser se projeter. "Il y a encore de l'autocensure", estime Jérôme Bonet, préfet du Gard, évoquant des entreprises qui n'imaginent pas toujours pouvoir prétendre à ces dispositifs d'aide : "Il faut commencer à se demander dans chaque domaine : est-ce qu'il y a quelque chose d'intéressant à faire avec l'intelligence artificielle ?".
Décarbonisation industrielle, électrification des procédés, transformation énergétique, bio-production : autant de secteurs que le plan France 2030 tente aujourd'hui d'accompagner financièrement. "On est davantage dans une logique d'accompagnement des entreprises", a insisté Bruno Bonnell.
"Ce sont les territoires qui font émerger la création de valeur"
La visite gardoise devrait ensuite se poursuivre du côté d'Alès, notamment autour du site des anciennes mines et de plusieurs entreprises lauréates du plan. À la CCI Gard, son président Éric Giraudier a salué, "des services de l'État pleinement à l'écoute", voyant dans cet accompagnement, "un facteur clé de succès" pour les entreprises du territoire.
Enfin, pour le représentant de France 2030, l’enjeu reste le même : « Ce sont les territoires qui font émerger la création de valeur, ce ne sont pas des chapeaux à plume de Paris qui décident de tout. »