Publié il y a 1 an - Mise à jour le 26.01.2023 - Corentin Migoule - 3 min  - vu 880 fois

L'IMAGE DU JOUR 70 nouveaux diplômés étrangers ont appris le français avec l'École sans frontières

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Près de 70 élèves de l'École sans frontières alésienne ont reçu leur DELF. (photo Corentin Migoule)

Ce jeudi après-midi, l'amphithéâtre Pasteur de l'IMT Mines Alès accueillait la cérémonie officielle de remise des diplômes aux élèves étrangers de l'École sans frontières d'Alès en Cévennes. 

Ils s'appellent Roman, Olga, Nour, Amine ou encore Nadia. Ils sont afghans, maliens, ukrainiens ou russes et font partie de la dernière promotion de l'École sans frontières d'Alès en Cévennes (ESFAEC), association créée en 2018 dans l'optique d'apprendre la langue française à des mineurs non-accompagnés et des adultes exilés.

Près de 70 d'entre eux étaient à l'honneur ce jeudi après-midi dans l'amphithéâtre Pasteur de l'IMT Mines Alès, théâtre de la cérémonie officielle de remise des diplômes. Après plus de 20 heures de cours par semaine sur une durée de quatre mois, ces élèves, adolescents, jeunes adultes ou quinquagénaires, ont satisfait aux exigences du diplôme d'études en langue française (DELF), une distinction récompense leurs "gros efforts"

Directrice des lieux et marraine de l'association, Assia Tria, très "émue", a été la première à s'avancer au pupitre en prenant pour exemple sa trajectoire personnelle afin de délivrer aux nouveaux diplômés un message d'optimisme : "La confiance en soi et l'ambition sont deux notions importantes à mes yeux. Ne vous mettez pas de limites ! Rien n'empêche de réaliser ses rêves."

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Sophie de Chastellier au pupitre devant Assia Tria et Christian Chambon. (photo Corentin Migoule)

Sophie de Chastellier, présidente de l'association qui compte 50 bénévoles, a ensuite rendu hommage aux étudiants, se faisant l'éloge du multiculturalisme : "Merci beaucoup, car c'est un enrichissement extraordinaire que de vous côtoyer, de partager nos cultures et nos modes de vie." La dernière nommée a pris soin de saluer les nombreux partenaires de la structure associative présents dans l'auditoire, dont Nicolas Ferran, jeune directeur de la Clède qui accueille "plusieurs de nos étudiants"

Michèle Veyret, vice-présidente du centre communal d'action sociale (CCAS) de la ville d'Alès, n'a pas été en reste, notamment remerciée pour "les subventions apportées" qui ont permis l'embauche d'un professeur de français et de langues étrangères, aussitôt mis à la disposition des apprenants. "Notre prochain projet c'est d'apprendre à lire et à écrire à des femmes issues des quartiers prioritaires de la ville, tout en leur offrant également des cours de bureautique", a poursuivi Sophie de Chastellier. "Pour ça aussi nous avons besoin d'argent", a-t-elle enfoncé, tendant la perche à de potentiels donateurs.

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Près de 70 élèves de l'École sans frontières alésienne ont reçu leur DELF. (photo Corentin Migoule)

L'adjoint à l'Éducation de la ville d'Alès, Christian Chambon, s'est voulu "bref", se contentant de "louanger ceux qui donnent de leur temps", un temps "essentiel". Après quoi, l'élu alésien a répondu aux craintes de la présidente de l'ESFAEC, en quête de nouveaux locaux en raison de la future configuration du lycée Jean-Baptiste Dumas qui l'oblige à quitter les lieux. "Avec Max Roustan et Christophe Rivenq, on multiplie les recherches. On ne vous laissera pas tomber. On va trouver !", a martelé Christian Chambon. 

L'heure était venue pour les nouveaux diplômés d'être appelés sur scène tour à tour, par leur nom et en petits groupes, afin de se voir remettre - sous les yeux emplis de fierté de leurs proches - le précieux sésame attestant de leurs progrès en français. Une distribution rythmée par de nombreuses animations pour lesquelles ils se sont hautement investis. Du théâtre avec "Le jeu du carrosse", de la lecture de poèmes étrangers (russe, afghan, arabe) dans leur langue maternelle, de la danse et de la projection de dessins, tout y est passé !

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Des proches fierts d'immortaliser le moment. (Photo Corentin Migoule)

Certains avaient choisi de représenter leur pays natal en apportant quelques mets locaux, tout en récitant la recette de cuisine suivie pour les réaliser. Le guacamole mexicain d’Erik, le gâteau au chocolat de Mohsemi et le gâteau fataye malien de Makan, entre autres, ont ensuite été dégustés. Les mots de circonstances de Victor Hugo, lus quelques minutes plus tôt, n'en finissaient pas de résonner dans les murs de l'amphitéâtre : "Chaque enfant qu’on enseigne est un homme qu’on gagne."

Corentin Migoule

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