Amoureux de nature et de beauté paysagère qui apprécient aussi les patrimoines à découvrir, cette sortie sera pour vous ! On peut connaître le Gard pour ses Cévennes, sa Camargue, son cordon littoral, son patrimoine antique, ses cultures et traditions… Mais Le Gard recèle en son sein des merveilles naturelles dont les gorges du Gardon.
Les Gorges du Gardon forment un canyon de 29 km entre le village de Dions à l’ouest, et le célèbre aqueduc romain du pont du Gard à l’est. Exemple emblématique des paysages sculptés dans les roches calcaires, le relief karstique des gorges du Gardon alterne plateaux arides de garrigues, gorges, parois rocheuses et grottes.
Les paysages des Gorges du Gardon sont particulièrement singuliers en raison de trois éléments qui ont une influence majeure sur leurs caractéristiques ou leur perception : la présence d’un camp militaire qui jouxte le site classé et qui a permis de contenir l’urbanisation de Nîmes, l’absence de grande infrastructure routière au cœur du site et un climat méditerranéen qui fait varier le profil du cours d’eau au fil des saisons.
La beauté et le caractère presque intacts du massif des gorges du Gardon a conduit le législateur à classer l’ensemble des gorges du Gardon, du pont du Gard et des garrigues en 1982. Son périmètre a été étendu en 2013 aux plateaux du massif et aux franges agricoles qui bordent les gorges et elles furent désignées par l’Unesco « Réserve de biosphère » depuis 2015.
Les gorges du Gardon constituent un espace naturel méditerranéen hors du commun abritant un patrimoine culturel et historique exceptionnel. On compte plus de 400 espèces protégées. La diversité des paysages, des espèces et des écosystèmes ont suscité la mise en œuvre de mesures de gestion et de dispositifs règlementaires afin d'assurer la préservation de ce patrimoine.
L’aire centrale porte sur ces 7 800 hectares, soit 17,14 % du territoire couvert par la Réserve de biosphère. À côté des quatre autres Réserves de biosphère du sud-est de la France, celle des gorges du Gardon possède une particularité qui justifie pleinement les notions équilibrées de développement durable que porte la désignation : le territoire jouxte une agglomération de près de 150 000 personnes (Nîmes) susceptibles de mettre en péril sa zone cœur si les politiques publiques choisies dans la zone de coopération contredisent les modalités du développement durable qu’insuffle la désignation Réserve de biosphère !
Les Gorges du Gardon sont réputées pour la beauté de leurs paysages, mais elles sont aussi connues et appréciées pour la diversité de la faune et la flore qu’elles hébergent. Si les rapaces constituent les espèces les plus emblématiques des gorges avec la présence de l’aigle de Bonelli, du vautour percnoptère ou encore du circaète Jean-le-blanc, la classe des mammifères est dignement représentée avec de très nombreuses espèces de chauves-souris ou le charismatique castor d’Europe.
Quarante-neuf espèces de mammifères ont été recensées sur le territoire. Les inventaires révèlent une grande richesse mammalogique compte tenu notamment de la présence de plusieurs chiroptères. Les trois quarts des chiroptères connus en France (23 espèces sur 34) fréquentent le site et font l’objet de programmes de protection tant sur le plan national qu’européen.
Le castor d’Europe (castor fiber) fait partie des espèces recensées. Cette espèce a développé une caractéristique singulière dans le canyon du Gardon. Malgré la disparition estivale du cours d’eau en partie amont des gorges, elle reste sur place et utilise le réseau karstique pour retrouver le Gardon souterrain. Le castor est alors qualifié de castor d’oued.
Parmi les espèces les plus remarquables figure l’aigle de Bonelli (hieraaetus fasciatus), espèce inféodée aux milieux méditerranéens. Le site accueille trois couples sur les 35 recensés au niveau national.
Cette espèce fait d’ailleurs l’objet, compte tenu de son statut, d’un Plan National d’Actions tout comme le vautour percnoptère (neophron percnopterus) dont il ne reste plus qu’environ 80 couples en France. Deux sont cantonnés dans le Gard : un dans les garrigues de Lussan et l’autre dans les gorges du Gardon. Seize couples de circaète Jean-le-Blanc (circaetus gallicus) sont également présents, ainsi qu’une trentaine de couples de Grand-duc d’Europe (Bubo bubo).
464 espèces d’insectes sont présentes et 6 figurent en annexe II et autant en annexe IV de la directive Habitats de l’Union européenne. Huit bénéficient d’une protection nationale, 41 sont sur la liste rouge mondiale de l’UICN et 140 sur la liste européenne. On relève, parmi ceux-ci, la présence de la Magicienne dentelée (Saga pedo), grand orthoptère dont il n’a jamais été trouvé de mâle en Europe et qui se reproduit en conséquence par parthénogénèse, les œufs réussissant à éclore sans fécondation.
Blageon (telestes souffia), toxostome (parachondrostoma toxostoma), alose feinte (alosa fallax rhodanensis), chabot commun (cottus gobio) et lamproie marine (petromyzon marinus) sont les espèces les plus remarquables. Les travaux engagés dans le Gardon afin de restaurer les continuités écologiques du cours d’eau commencent à porter leurs fruits. Tel est le cas notamment pour l’Alose feinte dont la recolonisation du Gardon fait l’objet d’un suivi annuel de la part de l’Association Migrateurs Rhône-Méditerranée (MRM) et auquel s’associe le Syndicat mixte.
Les paysages des gorges sont sublimés par un patrimoine préhistorique, antique, moyenâgeux qu’il soit vernaculaire ou religieux.
À l’Ermitage de Collias, l’histoire se bouscule depuis des milliers d’années. Sur quelques hectares subsistent une grotte ornée (Bayol), les traces d’un temple gallo-romain aux assises grecques, deux sanctuaires chrétiens dont un encore sur pied, une source divinisée et un habitat troglodyte !
Cette empreinte humaine, en un seul lieu, se retrouve aussi sur le site de la Baume à Sanilhac-Sagriès. Haut lieu de pèlerinage jusqu’en 1960, l’ermitage de saint Vérédème, en plein cœur des gorges, a été occupé dès le paléolithique ancien. Fontaines, lavoirs, pouzarenques, chapelles, capitelles… ce qu’on appelle « le petit patrimoine » est également présent en nombre dans le massif des gorges du Gardon et dans les villages.
Mais les gorges du Gardon sont surtout connues parce qu’elles constituent un écrin pour un chef-d'œuvre de la romanité de renommée internationale : le Pont du Gard. Ce vestige de l’aqueduc conduisait l’eau de la source de l’Eure d’Uzès jusqu’à Nîmes.
Le Pont du Gard classé au patrimoine mondial de l’Humanité par l’UNESCO est le monument antique le plus visité de France. Il s'inscrit dans un cadre naturel de 165 hectares. C’est un espace naturel sensible composé de paysages méditerranéens intimement liés au Pont qui créent des ambiances caractéristiques sur chaque rive du Gardon (garrigue, falaises et grottes, forêts de chênes verts, parcelles agricoles).
Les gorges du Gardon ont servi également d’écrin aux différentes cultures du Paléolithique supérieur et constituent aujourd’hui, après l’Ardèche, l’ensemble le plus riche en sites paléolithiques dans le Sud-est de la France. Les sites Préhistoriques de la Baume-Latrone, Salpétrière, Bayol, Balauzière (fermés au public) en témoignent toujours. Sur la commune de Sainte- Anastasie, les parois de la grotte de la Baume-Latrone sont ornées d’étonnantes images pariétales dessinées à l’argile ou gravées sur le calcaire. Cette cavité, classée monument Historique depuis 1940, rejoint la grotte Chauvet dans le club très restreint de l’art préhistorique datée de plus de 30 000 ans.
Quelques règles de bienséance…
Respecter les restrictions et/ou interdictions d'accès aux massifs, laisser libres les voies d'accès aux forêts pour les sapeurs-pompiers (pistes DFCI), éiter de réaliser des travaux avec des outils dégageant de la chaleur ou des étincelles (disqueuse, débroussailleuse...), ramasser vos déchets et les jeter dans une poubelle. Ne pas allumer un feu ou un barbecue, faire du camping sauvage, circuler avec un véhicule motorisé, employer des feux d'artifices, ou encore fumer et de jeter ses mégots en espace naturel !
De plus, renseignez-vous sur les restrictions ou interdictions de baignade. En juin 2020, le niveau d'eau était monté de trois mètres en 30 minutes à La Baume !