Publié il y a 1 an - Mise à jour le 03.03.2023 - Tony Duret - 2 min  - vu 2131 fois

AU PALAIS Contrebande de 750 cartouches de cigarettes : « J’ai appris en regardant W9 ! »

Photo d'illustration de contrebande de cigarettes

Photo d'illustration de contrebande de cigarettes

Jeudi matin, Faiçal et Franck, deux Marseillais de 35 ans, étaient jugés en comparution immédiate devant le tribunal de Nîmes après avoir été interpellés avec 750 cartouches de cigarettes. Ils avaient commis des faits identiques en 2021.

« C’est une iditotie », répète Faiçal à plusieurs reprises quand le président, Brice Barbier, tente de comprendre ce qui lui est passé par la tête. Il faut reconnaître que le profil des deux prévenus n’est pas habituel. Faiçal est chef d’entreprise, propriétaire de sa maison, vit avec sa compagne et son fils. Frank, lui, est le père de deux enfants, il vit chez ses parents et travaille en tant que maçon avec un confortable revenu. Pour résumer, les deux sont parfaitement insérés et ne rencontrent pas de problème d’argent.

Pourtant, le 16 janvier 2023, c’est bien ce duo que les douaniers arrêtent sur l’autoroute, à hauteur de Caissargues, avec 750 cartouches d’une valeur estimée par la douane à 78 750 euros. Faiçal est au volant de la voiture qui contient la marchandise, alors que Frank conduit la voiture ouvreuse. Ils reviennent d’Andorre où ils ont versé 15 000 euros en liquide pour acheter les cigarettes qu’ils voulaient revendre à des amis.

Ce qui n’arrange rien aux affaires des deux hommes, c’est qu’ils ont été condamnés en novembre 2021 pour des faits identiques, à la différence qu’ils transportaient pas loin de 2 000 cartouches à l’époque. Le procureur, Willy Lubin, ne croit pas un instant avoir affaire à des idiots. « Vous êtes deux amis qui en veulent toujours plus. Le dossier démontre une très grande intelligence quant à l’organisation », assène-t-il. En effet, les accusés avaient laissé leur téléphone à leur domicile, acheté des portables uniquement pour le trajet, et Frank rassurait Faiçal par SMS à chaque péage passé sans encombre. Un côté professionnel que réfute Faïçal : « J’ai appris en regardant W9 ! » La télé n’a pas que du bon.

« Vous avez joué, vous avez perdu »

S’appuyant sur la condamnation de la fin de l’année 2021 à un an et demi de prison avec sursis et une amende de 20 000 euros chacun, le procureur estime qu’il ne peut pas faire autrement que de demander une peine plus lourde. Willy Lubin requiert donc deux ans de prison, dont un avec sursis, la révocation du précédent sursis de 18 mois, l’obligation de payer l’amende douanière et demande un mandat de dépôt. En clair qu’ils partent en détention à l’issue de l’audience. « Vous avez joué, vous avez perdu », conclut-il.

Les deux avocats marseillais de Frank et Faiçal, maîtres Benjamin Liautaud et Jean-Jacques Campana, ont tenté de leur éviter « la case prison » en souhaitant qu’ils puissent « rentrer chez eux avec des obligations impérieuses ». Invité à dire un dernier mot, Faïçal conclut : « On ne demande pas de compassion, mais un peu de bienveillance pour sauver ce qui reste à sauver. » Il ne sera pas entendu. Le tribunal a suivi en tout point les réquisitions du procureur. Les deux amis repartent donc menottés du tribunal sous les regards en pleurs de leur famille. Ils devront enfin payer solidairement l’amende douanière de 157 500 euros.

Tony Duret

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