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Publié il y a 1 an - Mise à jour le 09.04.2021 - tony-duret - 3 min  - vu 9269 fois

GARD Le fou du volant conduit avec la tête sortie par la fenêtre et provoque un accident

(Photo d'illustration).

Le 8 février 2019, les automobilistes qui ont emprunté la départementale à hauteur de la commune de Bagard ont eu la peur de leur vie. Cet après-midi-là, Julien, qui n’avait plus le permis de conduire, était dans un état second et a décidé de prendre sa voiture…

Le terme de « miracle » a été prononcé plusieurs fois ce vendredi matin au tribunal correctionnel d’Alès. Un miracle que l’accusé, Julien, un Alésien de 40 ans, n’ait pas fait plus de dégâts que la voiture qu’il a envoyée dans le fossé.

Il est 15h40 le 8 février 2019 quand le quadragénaire, au volant d’une Renault, inquiète de nombreux automobilistes par son comportement dangereux. Julien conduit très vite, zigzague, colle les voitures alors que son pare-chocs traîne au sol. Il double dangereusement un ambulancier qui est contraint de freiner pour ne pas être percuté. Mais un peu plus loin, Grégory, au volant d’une Fiat, ne peut rien faire. Il se fait rentrer dedans une première fois par l’arrière et parvient miraculeusement à stabiliser son véhicule. Mais le second choc ne lui laisse aucune chance : il finit dans le fossé. Julien, lui, poursuit sa route comme si de rien n’était, « la tête en dehors de la fenêtre » et « avachi » dans son véhicule comme l’ont décrit plusieurs témoins.

À l’audience, comme tout au long de l’enquête, le fou du volant s’en tient toujours à la même version : « Je ne me souviens de rien ». Seulement, pour quelqu’un qui n’a aucun souvenir, il est capable de certifier au tribunal qu’il n’avait pas bu d’alcool ce jour-là. Pour quelqu’un qui dit avoir tout oublié à cause de la prise d’un anxiolytique pour soigner une dépression, il a également eu la présence d’esprit de demander à son ex-compagne, à qui appartient le véhicule, de déclarer que celui-ci lui avait été volé. Le tribunal s’étonne enfin qu’il ait acheté une voiture alors qu’il n’avait plus le permis de conduire : « C’était une bonne affaire que je ne pouvais pas laisser passer », explique le prévenu qui a un casier judiciaire riche de 11 mentions, dont plusieurs pour des délits routiers.

Il encourt 4 ans de prison

Grégory, le jeune homme qui a fini dans le fossé, se lève du banc des parties civiles pour livrer ses souvenirs à la présidente de l’audience, Bérangère Le Boëdec : « C’est un miracle qu’il n’y ait pas eu de mort (…) Et je tiens à dire que moi aussi j’ai pris le même médicament que lui. Pour autant, je n’ai jamais eu ce genre de comportement au volant ». Le représentant du ministère public, Cyrille Abbé, prend le relais et requiert 18 mois de prison dont 6 avec sursis, tout en précisant qu’il ne voie pas d’objection à ce que la partie ferme soit aménageable.

Un réquisitoire qui convient très bien à l’avocat de Julien, maître Carmelo Vialette, qui reste lucide : « On sait très bien qu’on sera condamné ». Il évoque toutefois les difficultés rencontrées par son client au moment des faits : « Il a divorcé, perdu un proche, ainsi que son entreprise. Ce ne sont que des mots, mais derrière ces mots il y a une douleur ». À l’issue du délibéré, le tribunal a suivi les réquisitions du procureur : 18 mois dont 6 avec sursis. Julien, qui est ressorti libre du tribunal, devra effectuer un stage de sensibilisation à la sécurité routière, se présenter aux épreuves du permis de conduire et indemniser la victime.

Tony Duret

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