Les ronces dévorent tout : les chemins, les troncs d’arbres. Au loin, apparaissent deux bâtiments sans toit, sur lesquels dégoulinent des lianes de lierre. Patrick Bernard, ancien premier adjoint d’Euzet-les-Bains, tend la main vers les broussailles : « Quand j’étais jeune, on allait s’amuser là-bas, il y avait encore le kiosque à musique des thermes. » Il se tourne vers la carcasse de l’ancien bâtiment administratif où l’on pouvait croiser, entre 1875 et 1912, un certain Louis-Eugène Perrier. Mais si le docteur Perrier a su faire fructifier l’autre source qu’il gérait à Vergèze, celle d’Euzet-les-Bains n’a pas connu le même sort.
Fermées plusieurs fois avant la Seconde Guerre mondiale après une série de mauvaises analyses, elles sont condamnées en 1947 par un arrêté ministériel. Patrick Bernard, qui n’a jamais connu les thermes en activité, aurait pu assister à leur renaissance. En 1983, le jeune homme de 26 ans siège au conseil municipal. Les thermes sont mis en vente. La commune renonce. Trop cher. Adrien Barthélémy, fondateur de la Chaîne thermale du soleil, les achète au double du prix fixé par les domaines.

