L’odeur de nourriture qui cuit et le bruit des discussions envahissent les travées des Jardins de la fontaine, à Nîmes. À l’occasion de cette nouvelle édition des Journées méditerranéennes des saveurs (JM’S), des producteurs gardois mettent à l’honneur leurs produits en ce premier week-end de juin, à l’ombre des arbres et dans la chaleur écrasante de cette fin de printemps. Amis et famille se rejoignent autour d’un verre de vin local ou se rafraîchissent au détour d’une glace artisanale de chez Pozzi Gelato. Plusieurs centaines de Gardois, avides de se reconnecter au territoire, mais aussi de touristes, heureux de goûter les spécialités locales, se pressent dans les larges allées des jardins.
« On a eu des touristes allemands, mais aussi des touristes portugais », sourit Christophe Mouton, depuis son emblématique stand de brandade de morue. Fier de vendre son produit « direct producteur », comme l’indique sa maison de la brandade sur roues, il raconte l’histoire de « la spécialité de la ville » avec la passion des trois générations qui l’ont précédé. Une tradition familiale qui sera bientôt poursuivie par sa fille, la 5ᵉ génération de la lignée de producteurs. Quelques pas plus loin, c’est l’olive qui est mise à l’honneur. Julie Carou et Frédérique Boucaud font goûter douze variétés d’huiles, produites à deux pas de la cité des Antonins. En moyenne, le demi-litre se vend autour des 16 €.
Sieste ou concours, il faut choisir
Une fois la faim assouvie, c’est l’heure de la sieste. Du moins, pour les nombreux animaux installés à l’ombre des chênes verts du parc. Les petites bêtes côtoient les plus grosses, sous les yeux ébahis des enfants. « Regarde maman, elles sont énormes ses cornes », lance une fillette, courant vers l’enclos des Texas Longhorn. Tout à côté, poules et lapins observent les chèvres, jouant dans la paille et bêlant à tue-tête.
Certains oiseaux sont d’ailleurs disponibles à la vente. Moins loquaces, mais plus bruyants, certains engins agricoles exposés attirent aussi les visiteurs. Il faut d’ailleurs emprunter une série de marches d’escalier pour grimper dans les plus volumineux, comme la machine à vendanger.
Dans la cuisine centrale, cinq cuisiniers s’affairent dans une compétition acharnée. Le but ? Créer le sandwich aux saveurs gardoises le plus gourmand et plaire à un jury d’exception composé, notamment de grands cuisiniers gardois. Pain de boulanger et produits frais provenant du Mas des agriculteurs, toutes les conditions sont réunies pour ces créateurs de sandwichs amateurs. Goût, créativité, dressage et respect du temps imparti de trente minutes, tout a été évalué par les huit membres du jury. C’est Nadia, assistante administrative de profession, qui a remporté ce concours haut en couleur. Son sandwich intitulé « Sand’Nîmes », à base de poivrons rôtis, d’ail et d’huile d'olive, a convaincu les gourmands, secondé de près par Thierry et son casse-croûte à la viande de taureau séchée. « L’inspiration vient toujours au dernier moment », dit-il, à deux pas de sa compagne relayant les encouragements, à distance, de ses petits-enfants.
L’événement a aussi été l’occasion de lancer officiellement le label Re-Gard Paysans. Un label qui vise à « renforcer durablement les liens entre agriculture locale, restauration et attractivité touristique du territoire gardois », selon un communiqué transmis par l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie du Gard. La charte de ce nouveau label local a été signée, en présence notamment d’Éric Giraudier, président de la Chambre de commerce et d'industrie du Gard. Entre gastronomie locale et mise en valeur du terroir, les JM’S se poursuivent jusqu’à demain soir. Laissant ainsi le temps aux retardataires de faire un tour dans cet univers du goût.