Le mot arenero vient de l’espagnol arena « sable », qui désigne aussi le sable recouvrant le sol de la piste taurine. L’arenero est donc la personne chargée de l’entretien de cette piste. À l’origine, les areneros, c’est un service municipal pendant lequel les agents préparent la piste pour les différentes courses dans les arènes. Aujourd'hui, ce ne sont plus seulement les agents municipaux qui s’en occupent exclusivement, ce sont en grande majorité des associations ou des groupes de personnes indépendants qui proposent bénévolement leurs services. Même si aucune formation n’est vraiment nécessaire, il vaut mieux connaître le comportement du toro et savoir ce qu'attendent les toreros par rapport à l'état d'une piste même si le délégataire de service public a aussi son mot à dire tout comme la présidence de la course. Ils interviennent pendant les corridas, mais aussi les courses camarguaises.
Les différentes fonctions d’un arenero
Les areneros ont plusieurs fonctions, comme de s'occuper de l’état de la piste, du sol aux barrières. « Quand un toro saute et casse une planche, il faut qu'on intervienne pour changer la planche, par exemple. De la même manière qu’une fois qu’il a sauté, le taureau doit pouvoir ressortir de la contre-piste, donc il faut qu’on ouvre les portes. Nous, on ajuste la piste après le passage de chaque toro. L'idée, c'est de la faire la plus propre possible, on essaye d’enlever le sang et les aspérités qui pourraient blesser les protagonistes. Il faut aussi qu’elle corresponde aux souhaits de ce qu'est la corrida, c'est-à-dire une piste qui ne soit pas trop dure non plus. Il faut aussi installer les burladeros en piste », affirme Jérôme Nuel, 48 ans, arenero depuis 18 ans.
Jérôme sera parmi les areneros pendant les corridas de la feria de Pentecôte, mais il est aussi président de l’association des areneros de Fiesta Brava avec laquelle ils ont assuré le poste d’arenero pendant la féria Alès. On peut aussi les retrouver dans des arènes de secteur comme Bellegarde, Palavas-les-Flots ou encore Mauguio.
En plus du travail en piste, les areneros sont également chargés du débarquement des toros dans les chiqueros des arènes : « Notre rôle, c’est aussi de préparer le toril pour que les toros soient bien. C’est nous qui les faisons débarquer du camion aux chiqueros, donc nous devons faire attention à la manière de le faire pour être sûrs que le taureau soit respecté et qu’il ne s’abîme pas. Et tout cela au travers des matadors de toros qui doivent être respectés aussi », assure Jérôme, membre des areneros de Nîmes et président de l’association des areneros de Fiesta Brava.
Au-delà de ces missions, ils sont chargés de donner les banderilles aux subalternes pendant la course. « Les gens ne se rendent peut-être pas compte de ce qu'est un arenero, même si c'est simple, mine de rien, il y a quand même du travail ! ».
Une journée en tant qu’arenero pendant la feria, c’est commencer la journée à 8h pour préparer le toril au débarquement des toros, préparation de la piste, gestion du toril et surtout maintenance de la piste durant la corrida. Après la corrida, il faut nettoyer le toril et débarquer les toros pour la corrida de l’après-midi. S'ensuit une pause méridienne vers 15h avec un repas dans les arènes avant de reprendre les mêmes tâches de gestion, d’entretien et de nettoyage pour une fin de journée prévue vers 22h.
« Ça aurait pu être très grave »
L’arenero est au plus près de l’action et il lui arrive de vivre des moments stressants même si, avec le temps, des automatismes s’installent. « Je n'ai jamais eu peur parce que je n'ai pas eu le temps d'avoir peur, mais ça m'est déjà arrivé, notamment à Alès, qu’un toro lève les planches et rentre en contre-piste alors que moi j'étais face à lui et que je n'ai pas pu me retirer… il m'est passé à côté, je n'ai rien eu mais ça aurait pu être très grave », raconte l'intéressé.
« Je me considère privilégié »
Heureusement, les moments de stress sont rares et sont compensés par les bons souvenirs. En étant au plus près de l’action des professionnels, ils apprennent beaucoup sur le métier. « Je pense que de toutes les personnes qui travaillent bénévolement et qui ont accès à la piste, on fait partie des personnes un peu privilégiées par rapport au spectacle. Parce que justement on est toujours présents pour le spectacle et parce que c'est pendant les courses qu'on peut avoir besoin d'intervenir aussi. Donc je me considère privilégié », confie Jérôme.
Les moments de partage sont aussi au rendez-vous lorsqu’on est arenero. « En 2010, Morante de la Puebla est venu avec sa cuadrilla à 23h, un soir, parce qu'il voulait voir la piste. On l’a évidemment accueilli, c’était sympa », raconte-t-il.