Bijoux en or, chéquiers et même bouteilles d’alcool, selon Jordan, tout vaut la peine d’être volé. C’est d’ailleurs une véritable épidémie de cambriolages qui a eu lieu dans les communes de Villeneuve-lès-Avignon, des Angles, de Rochefort-du-Gard ou encore d’Avignon, entre janvier et février 2025. L’identification du prévenu a été facilitée par la présence de ses empreintes, disséminées dans l’un des logements cambriolés. Lors de son interpellation, il se trouve en possession de deux montres en or. Dans son logement, le butin s’alourdit. Deux bagues et une montre de la marque Omega, en or et sertie de diamants, y ont été dénichées par les enquêteurs. Interrogé sur la présence de ces objets, formellement reconnus par les victimes des vols, il répond qu’il cherchait à les revendre 50–60 €. Une somme modique, compte tenu de la valeur réelle de tels bijoux.
Le préjudice matériel, lui, est particulièrement élevé, compte tenu de la multitude de victimes. Celui de deux des victimes représentées à l’audience dépasse les 70 500 € : près de 550 € pour l’une et 70 000 € pour l’autre. Il aurait volé à cette dernière des pièces rares comme des broches, estimées à près de 5 000 € pièce. Absent à l’audience, le prévenu n’est pas venu s’expliquer sur ces 9 vols et 3 tentatives de vol, au grand dam du ministère public. L’une des victimes l’a pourtant identifié formellement comme étant un homme qui a déjà effectué des travaux chez elle, notamment au niveau des gouttières, peu avant le cambriolage. Interrogé par les forces de l’ordre, le prévenu reconnaît les faits, allant jusqu’à dire que passer « quelques mois de vacances » en détention va lui faire du bien.
Double peine
Victimes du viol de l’intimité de leur foyer, les deux victimes représentées réclament également l’indemnisation de leur préjudice moral. L’une d’elles, ne connaissant pas le prévenu, demande 2 000 € pour chaque membre de la famille, soulignant, par le biais de maître Caroline Pichon, la détresse de sa fille, âgée de 17 ans au moment des faits. L’autre partie civile, particulièrement choquée du fait de connaître le cambrioleur, a demandé 5 000 € par membre de la famille. Des demandes qui ont été portées par maître Stéphane Aubert. Le prévenu étant jugé dans le cadre de deux dossiers différents, mais concernant des chefs de prévention identiques, il a fait les frais de deux réquisitions différentes. Le procureur de la République a donc requis 22 mois, dont 10 de sursis probatoire pendant deux ans dans le premier dossier. 8 mois d’emprisonnement ont été requis pour le second dossier, dans lequel il serait également impliqué.
Défendu par maître Justine Fages, le prévenu présente un casier judiciaire vierge. Sa frénésie de vol ne s’explique donc pas par ses antécédents. Après le délibéré, le prévenu a été déclaré coupable des faits lui étant reprochés. Le tribunal l’a condamné à deux peines distinctes. Une première à hauteur de 8 mois d’emprisonnement et une seconde, mixte cette fois, comprenant 2 ans d’emprisonnement, dont une année assortie d’un sursis probatoire. Cette seconde peine étant assortie d’un mandat d’arrêt. Il a également été déclaré responsable du préjudice des deux victimes représentées. Il va devoir indemniser leur préjudice et prendre en charge leurs frais de justice. Le préjudice matériel de la victime soumise aux vols les plus importants n’a pas pu être précisément évalué. Le dossier a donc été renvoyé sur intérêts civils pour en permettre le chiffrement.