Le 27 mars dernier, c’était la répétition générale, clôturée par l’installation de la nouvelle mairie, menée par Pascale Bordes et ses 9 adjoints. Mardi 8 avril, les choses sérieuses ont commencé. Dès les premières délibérations, sur les 33 inscrites à l’ordre du jour, la maire a imprimé sa marque et son style. La séance du soir a démarré par une surprise. Minute nostalgique : le procès-verbal de la séance du conseil municipal du 19 décembre 2025 n’a pas été adopté. La décision n’a pas fait l’unanimité, dans le camp de l’opposition.
Du côté de la majorité sortante, les conseillers d’opposition présents étaient : Maxime Couston, Michèle Fond-Thurial et Christine Muccio. Jean-Yves Chapelet, ancien maire bagnolais, manquait à l’appel. Derrière eux, Jérôme Jackel, Naïma Dahmani et Christian Gagliardone, tous trois aussi conseillers municipaux d’opposition, ont tenté de sortir leur épingle du jeu. Avec plusieurs interventions, lors des votes, et questions ouvertes, après plus de 1h40 d’échanges.
Un rôle central dans « l’activité politique »
Dans la délibération numéro 4, les élus du conseil municipal devaient faire adopter « la création d’emplois et l’autorisation de recruter des collaborateurs de cabinet ». Deux en l’occurrence. En tant que maîtresse de cérémonie, Pascale Bordes a donné plus de détails sur les enjeux et le nom des nouveaux élus : « L’emploi de collaborateurs de cabinet est régi par les articles du code général de la fonction publique. La nomination d’un agent contractuel, sur un emploi de cabinet, ne lui donne aucun droit à titularisation au sein d’un grade de la fonction publique et territoriale. (Il) implique un engagement dans l’activité politique de l’autorité territoriale. Le collaborateur de cabinet n’a pas vocation à gérer des services de la collectivité préfectorale de l’établissement. Ce rôle est dévolu au directeur général des services, aux autres directeurs et chefs de service », a-t-elle déroulé.
Avant de préciser en toute fin de prise de parole que « le nombre de collaborateurs de cabinet est limité », ici « à deux ». La question des salaires a été mise sur la table sans tabou : « Le montant des indemnités ne peut en aucun cas être supérieur à 90 % », pointe l’élue municipale. Avant de mettre aux votes. Au même moment où Madame Marques, 6ᵉ adjointe, est entrée dans l’arène de la salle multiculturelle.
Jérôme Jackel : « Un collaborateur, il y en a assez »
Jérôme Jackel s’est exprimé : « Le code électoral indique que vous avez le droit à deux collaborateurs. Ceci-étant, ce n’est pas une obligation, car nous sommes pour la défense publique. On estime qu’un collaborateur, il y en a assez », a estimé le conseiller municipal d’opposition, au lendemain d’un premier bras de fer, lors de l’élection du nouveau président de l’Agglomération du Gard Rhodanien.
La maire justifie ces recrutements
Pas de quoi faire changer d’avis Pascale Bordes. Qui a tenu à rester courtoise dans sa réponse : « Je vous remercie de cette remarque. Je ne suis pas de votre avis, dans la mesure où le travail d’un collaborateur de cabinet, dans une ville comme Bagnols/Cèze, dont chacun mesure les difficultés qu’il y a à régler, justifie, à mon sens, parfaitement l’embauche de collaborateurs de cabinet. »
Le porte-parole Jérôme Jakel et ses deux bras droits sur cette question, Naïma Dahmani et Christian Gagliardone, ont voté contre. La création de ces deux postes a donc été adoptée à la majorité.
À noter que l'ancienne tête de liste « Bagnols-sur-Cèze en commun » a livré des chiffres, à propos « de la majoration globale des élus municipaux ». Alors, combien selon lui ? « 110,75 % », d'après un calcul transmis et écrit noir sur blanc. Abordée lors de la question 30, celui qui se revendique comme le représentant principal de « la gauche » bagnolaise, a fait le professeur de mathématiques. 1316 x 12 = 15 782 euros. 355 x 9 (adjoints) x 12 = 38 340 euros. La somme des deux = 54 132 euros. Un bon butin selon son estimation, que Jérôme Jackel a proposé de « donner aux associations » de la capitale du Gard rhodanien. La nouvelle maire bagnolaise a affirmé compter sur elles, au cours de son mandat.
Jérôme Jackel est remonté au créneau par rapport aux dépenses publiques : « Attention, à ces trois crédits, qui génèrent 272 400 euros d'intérêt. » « Ce n'est pas trois crédits. C'est un crédit et deux que nous assurons », a rectifié et entériné, Pascale Bordes. La maire Rassemblement national, qui dirige désormais Bagnols/Cèze, a opté pour l'écoute de la contradiction, plutôt que pour le débordement.
Maxime Couston interpelle Pascale Bordes
Discret jusqu'ici, Maxime Couston a souhaité, en toute fin de séance, remettre les pendules à l'heure, à ce sujet : « Au dernier conseil municipal, au moment de la politique générale, vous avez parlé de votre ouverture à l'opposition, aux associations et même à la population. À ce moment-là, j'ai levé la main, mais vous avez clôturé le conseil municipal. Vous avez ouvert les festivités. Puis vous m'avez retendu le micro. Mais c'était dans un brouhaha. On parle de communication. Ce n'est pas le bon exemple. J'espère que cela ne se reproduira pas à nouveau et que toute l'opposition aura toute son expression au sein de cette assemblée », a-t-il lancé, piqué à vif. Dans le public, un visage familier : celui de Michel Cegielski, candidat aux municipales 2026, qui a suivi de près les débats.
Pascale Bordes a répondu, en tentant de renvoyer son concurrent dans les cordes : « Je pense que tout le monde vous a attendu. Qui n'a pas fauté ? Vous-même êtes-vous exempt de tous reproches ? Je ne crois pas. (...) Je continuerai de vous donner la parole, monsieur Couston. Car je fais ce que je dis ». De quoi apaiser la fin des débats, avant de lever la séance.