Publié il y a 1 h - Mise à jour le 27.05.2026 - Abdel Samari - 2 min  - vu 430 fois

ÉDITORIAL Sénatoriales : le retour surprise de Denis Bouad secoue la gauche gardoise

Le sénateur Denis Bouad et Fabrice Verdier, président de la CCPU

- Photo archive Objectif Gard

Alors que Katy Guyot s’efface et que Fabrice Verdier semblait tenir la corde, le sénateur socialiste sortant pourrait finalement repartir en campagne. Une volte-face qui ravive tensions et frustrations à gauche.

Katy Guyot, conseillère régionale socialiste et ancienne première adjointe de Jean Denat à Vauvert, a finalement décidé de retirer sa candidature aux élections sénatoriales. Sans doute avec une certaine amertume. Car si l’on en croit la circulaire nationale du Parti socialiste — qui prévoit qu’une femme soit désignée en cas de retrait d’un sénateur sortant — c’était bien elle qui devait porter les couleurs du PS. C’est également à elle que Denis Bouad avait proposé de prendre le relais. Mais cela, c’était avant. Contre toute attente, et à la surprise générale, le sénateur socialiste a finalement choisi de repartir dans la bataille. Denis Bouad pourrait donc briguer un nouveau mandat au Palais du Luxembourg en septembre prochain. L’officialisation devrait intervenir dans les prochains jours, peut-être même aujourd’hui. Qu’est-ce qui l’a fait changer d’avis ? La multiplication des candidatures à gauche ? Entre Joseph Pronesti, président de la Banque alimentaire, Alexandre Pissas, maire de Tresques, et Fabrice Verdier, président du Pays d’Uzès et fidèle parmi les fidèles, les ambitions se sont peu à peu affirmées. Ce dernier semblait même avoir pris une longueur d’avance. Il bénéficiait du soutien de la Région, de la direction nationale du PS, de nombreux grands élus locaux, mais aussi des communistes, prêts à se ranger derrière lui. Hier encore, l’un d’eux ne cachait pas sa déception face à cette volte-face politique. « Avec Fabrice Verdier, la gauche était quasiment assurée de gagner deux sièges au lieu d’un seul », souffle un responsable communiste de premier plan. « C’était le meilleur candidat. » Cette séquence laissera des traces. Et sans doute quelques tensions durables. Car pendant que les états-majors tergiversaient, personne, ou presque, n’a véritablement engagé le travail de terrain auprès des maires appelés à composer le corps électoral, qui sera fixé dans une quinzaine de jours à peine. Une précampagne hésitante, presque ratée. Dans le même temps, le sénateur LR sortant Laurent Burgoa, lui, n’a pas perdu une minute. Y compris dans le canton de Denis Bouad, où il a pris soin de féliciter plusieurs nouveaux maires élus, tout en les invitant à faire remonter leurs dossiers pour Paris. Des attentions discrètes, mais qui comptent toujours au moment du vote. Pour autant, dans l’entourage de l’ancien président du département du Gard, on affiche une certaine sérénité. Une observatrice glisse même que « le temps de la réflexion n’est jamais un défaut en politique ». Peut-être, finalement, que certains ont voulu pousser trop vite vers la sortie un homme qui n’avait pas encore tourné la page. Reste que derrière cette tragi-comédie politique, Denis Bouad aura surtout voulu adresser un message à son propre camp. Mais cette démonstration de force pourrait avoir un coût : quelques amitiés perdues, des rancœurs tenaces, et le poids, désormais, d’une parole donnée puis reprise.

Il vous reste 80% de l'article à lire.

Pour continuer à découvrir l'actualité d'Objectif Gard, abonnez-vous !

Votre abonnement papier et numérique
à partir de 69€ pour 1 an :

  • Votre magazine en version papier et numérique chaque quinzaine dans votre boite aux lettres et en ligne
  • Un accès illimité aux articles exclusifs sur objectifgard.com
Abdel Samari

Politique

Voir Plus

A la une

Voir Plus

En direct

Voir Plus

Studio