Publié il y a 2 h - Mise à jour le 12.04.2026 - La rédaction - 11 min  - vu 1095 fois

ÇA RESTE ENTRE NOUS Les indiscrétions de la semaine

Nous sommes le dimanche 12 avril 2026. Il est 12 heures. Place à la coulisse politique et économique de la semaine.

Après Nîmes, le temps des doutes. La majorité de gauche au Département du Gard sort-elle renforcée des municipales ? La question traverse les esprits politiques locaux. Dans les couloirs de la présidence, la réponse est sans détour : oui. Mieux, la majorité serait consolidée. Rien ne vacille, tout serait sous contrôle. Mais derrière cette assurance affichée, des zones de fragilité apparaissent cependant. Car le scrutin municipal de 2026 n’a pas été une simple séquence électorale locale. Il a profondément rebattu les cartes politiques du département. Et un événement, à lui seul, résume ce basculement : la prise de Nîmes par l’union de la gauche. Une victoire à la fois symbolique et stratégique, qui met fin à plus de deux décennies de domination de la droite dans la principale ville du Gard. Illustration de cette victoire, plusieurs figures majeures du Conseil départemental ont confirmé leur ancrage territorial. Vincent Bouget s’installe à l’hôtel de ville de Nîmes. À ses côtés, Amal Couvreur devient première adjointe. Christophe Serre renforce son implantation dans le Gard rhodanien. Nathalie Nury conserve solidement Roquemaure. Pascale Fortunat-Deschamps à Vergèze, Alexandre Pissas à Tresques : autant de relais locaux renforcés. Ce maillage territorial donne donc à la majorité départementale une assise réelle. Pour autant, le tableau n’est pas sans ombre. Derrière les victoires, des revers existent et comptent. À Vauvert ou au Grau-du-Roi notamment, certaines défaites rappellent que l’implantation locale reste fragile et que l’équilibre peut basculer rapidement. Ces signaux faibles pourraient, à terme, peser davantage qu’il n’y paraît aujourd’hui. Car au-delà des trajectoires individuelles, c’est bien l’ensemble du paysage politique gardois qui se recompose. Le département entre dans une nouvelle phase. La gauche progresse nettement, portée par la conquête de Nîmes et la consolidation de plusieurs bastions. La droite traditionnelle, longtemps hégémonique, recule. Elle conserve des positions, spécialement à Alès et dans certaines zones rurales ou périurbaines, mais perd sa capacité à structurer à elle seule le jeu politique. Et pendant ce temps, le Rassemblement national poursuit sa progression. C’est sans doute là que se situe le véritable point de tension. Car si le RN peine encore à transformer ses scores en conquêtes municipales d’envergure, il n’en reste pas moins solidement implanté. Ses résultats élevés, particulièrement à Beaucaire et Bagnols, témoignent d’une présence qui, élection après élection, s’installe dans le paysage. Dès lors, une nouvelle équation politique se dessine. Plus aucun camp ne peut prétendre dominer seul. Chaque scrutin devient incertain, chaque territoire disputé. Et dans ce contexte, les équilibres peuvent évoluer rapidement, parfois brutalement. À deux ans des élections départementales, une certitude s’impose : les municipales n’ont pas figé les rapports de force, elles les ont rendus plus instables encore. Et c’est précisément cette instabilité, cette absence de domination claire, qui nourrit désormais toutes les stratégies… et toutes les peurs.

À qui le Sénat dans le Gard ?  Après les municipales, place au prochain test politique dans le Gard : les sénatoriales. Dans chaque camp, on fait les comptes. Objectif : évaluer le nombre de grands électeurs désormais acquis. À droite, chez Les Républicains, quelques motifs de satisfaction émergent. Le Grau-du-Roi, Alès, Villeneuve-lez-Avignon… Des points marqués, mais un bilan global qui reste maigre après la lourde défaite à Nîmes. Car c’est bien la victoire de l’union de la gauche dans la capitale gardoise qui rebat les cartes. Elle pourrait renforcer les ambitions du sénateur sortant Denis Bouad. Ce dernier espère un accord à gauche pour décrocher un second siège. Dans cette configuration, la numéro deux devrait être Cathy Ville-Chaulet. Conseillère départementale PCF et maire de Saint-Privat-de-Champclos, elle pourrait faire son entrée au Palais du Luxembourg. Au Rassemblement national, en revanche, le flou persiste. La tête de liste n’est toujours pas connue. Avec près de 200 grands électeurs, le parti de Jordan Bardella aborde toutefois le scrutin avec une base plus solide qu’en 2020. Mais ni Julien Sanchez, battu à Nîmes, ni Pascale Bordes, députée-maire de Bagnols, ne souhaitent apparaître comme des candidats opportunistes. Alors qui pour mener la bataille ? Un nom circule avec insistance : Éric Giraudier. Le président de la CCI du Gard pourrait se lancer sous l’étiquette UDR. Interrogé, il reste prudent : « Je suis aujourd’hui engagé pour les entreprises du Gard, c’est mon seul objectif. » En coulisses, certains doutent de la viabilité d’une telle candidature. « Traditionnellement, la tête de liste est un élu. Le seul contre-exemple dans le Gard remonte à Simon Sutour. Je ne suis pas sûr que les grands électeurs votent massivement pour Éric Giraudier », confie une source politique.

CCPG au bord de l’explosion ? Le conseil d’installation de la Communauté de communes du Pont du Gard s’est tenu mercredi dernier à Fournès. Élu à Montfrin et vice-président sortant, Philippe Marchesi prend la suite de Pierre Prat à la tête d’une intercommunalité fragilisée financièrement et traversée par des divisions. En effet, plusieurs maires s’interrogent sur la nécessité de rester dans cet EPCI, confronté à d’importantes difficultés d’organisation et de financement. « Quelques maires ont déjà pris attache avec le Pays d’Uzès pour réfléchir à un rattachement rapide, dans le cadre de la continuité territoriale. Mais d’autres regardent aussi du côté du Gard rhodanien… », explique un maire concerné. Si des départs sont actés, les services de la préfecture du Gard n’auront d’autre choix que d’imposer un transfert des dernières communes vers d’autres communautés de communes. « Cette situation pourrait créer des bouleversements, notamment à la communauté de communes de Beaucaire. Imaginons que Comps, Meynes et Montfrin y soient rattachés : le président élu la semaine prochaine pourrait perdre sa majorité, et des changements pourraient s’opérer… »

Recomposition. Les Républicains du Gard sont à l’orée d’une nouvelle histoire. Après la défaite cuisante à Nîmes, une recomposition est en marche. À la manœuvre : le sénateur Laurent Burgoa. Après un déjeuner avec Julien Plantier, les deux hommes ont acté une stratégie d’union en vue des prochaines élections départementales. L’objectif est aussi de faire revenir les élus historiques qui avaient quitté le navire. « Laurent Burgoa se verrait bien secrétaire départemental et a proposé à Christophe Rivenq de reprendre la présidence. Pascale Bories, la maire de Villeneuve, qui s’était intéressée au parti de David Lisnard, est invitée à revenir », explique un cadre républicain. Julien Plantier pourrait, lui aussi, reprendre sa carte chez Les Républicains. « La volonté est claire : s’appuyer sur une ossature qui ne transige pas avec l’extrême droite. Ni LFI, ni RN. Ceux qui veulent franchir la frontière sont invités à le faire maintenant… »

Proust chez Lisnard ? Dans cette nouvelle configuration, un absent se fait remarquer : Franck Proust. Conseiller municipal et communautaire d’opposition à Nîmes, il s’apprête à se mettre en retrait chez Les Républicains, tout en conservant sa carte. « C’est clair pour lui, place aux autres. Il a suffisamment donné », explique l’un de ses proches. Mais pour l’heure, Franck Proust reste discret sur ses véritables intentions. « Il reste à la Ville et à l’Agglo au moins deux ans, pour ne pas laisser dire n’importe quoi sur son bilan, et aviser en fonction des décisions de Vincent Bouget », confie une source. Le candidat officiel de Jean-Paul Fournier lors des dernières municipales ne cache pas non plus sa déception vis-à-vis des maires de l’agglomération, qui, selon lui, auraient pu adopter une autre stratégie. « Quand il voit tous les maires aller à la gamelle pour une vice-présidence, alors qu’il y avait une vraie capacité à construire un contre-pouvoir face aux communistes… » Enfin, Franck Proust regrette sans doute son choix de l’entre-deux-tours, marqué par une union de dernière minute avec Julien Plantier et Valérie Rouverand. « Nos sympathisants et soutiens voulaient une union avec le RN. Nous avons fait un autre choix, que nous payons cash aujourd’hui » Désormais, Franck Proust observe attentivement les recompositions politiques en vue de la présidentielle. Il pourrait se rapprocher du projet de David Lisnard, le maire de Cannes, jugé plus favorable à une union des droites…

Nîmes : l’urbanisme change de doctrine. C’est l’un des marqueurs les plus attendus du nouveau mandat à Nîmes : le virage de la politique urbanistique. Avec Pierre Jaumain à la manœuvre, la majorité entend rompre avec les pratiques passées et imposer de nouvelles règles du jeu. Le premier secrétaire des socialistes dans le Gard, désormais en charge du dossier, veut instaurer un cadre plus lisible et plus équitable. « Il veut mettre en place des règles claires pour tous. Pas comme avant, avec Julien Plantier qui favoriserait ses amis », tacle un élu de la majorité. Au-delà de la méthode, c’est aussi une philosophie qui évolue. Moins de logique de réseau, plus de concertation, et une volonté affichée de replacer l’intérêt des habitants au cœur des projets. « Les acteurs concernés veulent être considérés et voir émerger à Nîmes des projets qui ont du sens pour les habitants » Un repositionnement qui trouve un écho favorable chez les bailleurs sociaux. Eux dénonçaient depuis des années une production de logements accessibles insuffisante, au profit des opérations privées. « Sous l’ère Clary, Nîmes n’avait jamais construit autant de logements accessibles. Vincent Bouget a exprimé cette volonté durant la campagne, et cela nous convient parfaitement, car de nombreux Nîmois sont mal logés. Il faut s’en occuper », souligne un acteur du logement social. Reste à savoir si ce changement de cap se traduira rapidement dans les faits. Car en matière d’urbanisme, les effets d’annonce se heurtent souvent à la réalité des projets en cours et aux équilibres économiques. Mais pour la nouvelle majorité, le message est clair : tourner la page et redéfinir les priorités.

Nîmes : le grand ménage et la guerre des réseaux. Le changement de majorité à Nîmes ne se lit pas seulement dans les décisions politiques. Il se voit aussi, très concrètement, dans les couloirs de l’hôtel de ville. Les équipes de Jean-Paul Fournier ont été priées de passer la main. Antoine Roger, ancien directeur de cabinet, s’active en coulisses pour rebondir. Dans le même temps, certaines figures historiques sont poussées vers la sortie. C’est le cas de Gerardo Marzo, désormais invité à se faire discret. « Vincent Bouget ne veut pas le voir traîner. On lui a donc demandé de se mettre en télétravail jusqu’à ses vacances, puis sa retraite », confie un membre de la nouvelle équipe municipale. Mais au-delà des hommes, c’est aussi une méthode qui change. Et notamment dans le rapport à la presse. Fini le fonctionnement éclaté : la communication est désormais centralisée entre les mains d’une seule personne, Audrey Porteron. « Elle est issue des équipes de Carole Delga, mais avant cela, elle travaillait à la mairie de Montpellier. Sa méthode de contrôle absolu, de l’autre côté du Vidourle, commence à agacer. On est à Nîmes ici, ce ne sont pas des Montpelliérains qui vont faire la loi », grince un élu. En interne, certains adjoints commencent déjà à poser des lignes rouges. « Moi, je ne dis trop rien pour l’instant. Mais dès que les groupes vont se structurer, la communication passera par la direction du groupe, et personne d’autre. Hors de question de subir du copinage pour avoir accès aux médias », prévient l’un d’eux. Derrière la réorganisation affichée, les premières tensions apparaissent. Et la bataille du pouvoir, elle, ne fait que commencer.

Cenatiempo rassure et prépare l’avenir. Thierry Cenatiempo avance ses pions. Le président du Nîmes Olympique a récemment réuni les mécènes du club pour leur présenter sa feuille de route pour la saison prochaine, entre ambition de montée en Ligue 3 et maintien en National 2. Le message semble être bien passé. « Il a été très rassurant. Il a la tête sur les épaules et nous sommes sur la même longueur d’onde », confie un chef d’entreprise. Même tonalité chez d’autres partenaires : « Il veut que le club reste nîmo-nîmois, en associant les supporters et les entreprises. Il a dit clairement qu’il avait besoin de tout le monde » Au cœur du projet : une ouverture du capital dès l’intersaison. « Nous allons créer un consortium d’entreprises pour reprendre les 10 % de parts détenus aujourd’hui par Thierry Cenatiempo. Cette opération permettra aussi de rassurer la DNCG sur le développement du club » Le président des Crocos détaillera cette stratégie mardi prochain, à 18 heures, en direct dans l’émission Le Club.

L’heure de vérité pour Vincent Bouget. « Les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent ». La formule de Jacques Chirac résonne déjà à Nîmes, où chacun s’interroge sur la capacité du nouveau maire, Vincent Bouget, à tenir ses engagements. Dans l’opposition, le doute s’installe. « Il a fait beaucoup de promesses, mais pourra-t-il toutes les tenir ? Ce n’est pas certain », glisse un élu. Le dossier du stade des Costières cristallise les interrogations. « Comment financer la rénovation ? À la fin du mandat, les travaux n’auront à coup sûr même pas démarré » Une perspective qui ne déplairait pas forcément au Nîmes Olympique, peu enclin à s’engager dans un déménagement coûteux. « Retourner au stade des Costières aurait des conséquences, notamment sur la licence club. Tout cela va coûter très cher » Plus largement, la majorité municipale est attendue au tournant. Entre contraintes budgétaires et arbitrages à venir, les marges de manœuvre s’annoncent étroites. « Pour le moment, ils sont sur un petit nuage. Mais les échéances vont arriver : il faudra composer, trancher. Il sera impossible de tout faire. Parler est une chose, agir en est une autre… » Reste une promesse déjà en partie tenue : celle du dialogue. « On nous traitait de “diables rouges communistes”. Le diable dit au moins bonjour aux agents quand il arrive à la mairie », ironise un nouvel adjoint. Le temps des annonces est passé. Place désormais à l’épreuve des faits.

Politique de la ville : un transfert stratégique vers l’Agglo ? À Nîmes, une absence interroge dans la nouvelle organisation municipale : celle de la politique de la ville. Une compétence pourtant majeure, historiquement pilotée par le Conseil départemental du Gard, sous la houlette d’Amal Couvreur. Désormais première adjointe de Vincent Bouget, cette dernière ne figure pas à la tête de cette délégation au sein de la Ville. Un choix qui pourrait s’expliquer par un transfert de compétence vers Nîmes Métropole. « C’est une possibilité », glisse un futur élu de l’Agglomération. L’argument est autant politique que territorial. « Il y a une cohérence à porter cette politique à l’échelle de l’Agglo, pour irriguer l’ensemble du territoire et travailler plus étroitement avec le Département du Gard » Reste la question du pilotage. Et un nom revient avec insistance : celui d’Amal Couvreur. « Elle a quitté son mandat de conseillère régionale pour conserver sa vice-présidence au Département. Avec un rôle à l’Agglo et au Département, elle pourra plus facilement mutualiser les décisions au plus près des bénéficiaires » Derrière cette possible réorganisation, c’est une nouvelle architecture de l’action publique locale qui se dessine. Reste à savoir si elle se concrétisera rapidement.

Une démission rebat les cartes. Jean-Yves Chapelet, ancien maire de la commune et élu d’opposition depuis les municipales de mars 2026, a officiellement démissionné de son mandat de conseiller municipal en fin de semaine. Un départ qui rebat les cartes. À la Ville, son siège devrait revenir à Christian Baume, suivant de liste et ancien adjoint à la sécurité. Du côté de l’Agglomération du Gard rhodanien, selon nos informations, c’est Maxime Couston, ancien premier adjoint de Jean-Yves Chapelet, qui devrait faire son entrée.

Gard rhodanien : la main tendue refusée ? Mardi dernier, les élus bagnolais du Rassemblement national sont repartis bredouilles du conseil communautaire du Gard rhodanien. Aucune vice-présidence pour la ville centre, laissant de fait l’extrême droite en dehors de l’exécutif présidé par Christophe Serre. Depuis, sur les réseaux sociaux, les soutiens de la maire de Bagnols, Pascale Bordes, dénoncent une mise à l’écart. Mais selon nos informations, une vice-présidence aurait bien été proposée en amont à l’édile, lors des négociations précédant le scrutin — un vote rappelons-le effectué par les 77 conseillers communautaires. « La main a été tendue, ils ont préféré le combat, parfois virulent », confie une source bien informée. Une séquence politique difficile à objectiver. « Mais entre quatre murs, ça ne laisse pas de trace », glisse la même source.

Le doyen… pas si neutre Au conseil communautaire du Gard rhodanien, la tradition a été respectée… en apparence. Comme le veut la règle, la séance a été présidée, jusqu’à l’élection du président, par le doyen de l’assemblée. En l’occurrence, Jakie Bougault, nouveau maire de Saint-André-de-Roquepertuis, 79 ans. Un choix qui n’allait pourtant pas de soi. L’élu n’avait initialement pas prévu de siéger, préférant laisser la place à un colistier. Selon nos informations, il aurait finalement accepté à la demande du président sortant, Jean-Christian Rey. Car sans cela, le doyen aurait été Denis Daude, 77 ans, élu RN de Bagnols. Une perspective que l’ancien président de l’Agglomération ne souhaitait visiblement pas. Reste une autre lecture possible : celle d’un coup de projecteur offert au nouveau maire de ce village de 562 habitants de la vallée de la Cèze. Entre respect des usages et manœuvre politique, la frontière est parfois ténue.

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