La fin justifie-t-elle les moyens ? En politique, rarement. Les dernières municipales en apportent, une fois de plus, la démonstration. À Nîmes, c’est l’histoire d’un rendez-vous manqué. D’accords qui échouent, ou qui arrivent trop tard. D’une droite qui n’a jamais vraiment su choisir, ni son cap, ni son chef. Un mandat entier, puis une dernière année pour tenter de s’entendre. En vain. Les héritiers de Jean-Paul Fournier auront échoué à s’accorder. Peut-être parce que l’un ne croyait pas vraiment en ses chances. Et que l’autre voulait surtout tourner la page d’un système à bout de souffle, devenu inaudible auprès des Nîmois. Une défaite ne se rejoue pas. Elle se constate. Et celle-ci est le fruit d’un enchaînement d’erreurs, de calculs et de renoncements. Le plus dur, pour les militants de droite et du centre, n’est certainement pas la défaite. Mais ce qui a suivi. Car le spectacle continue. Et il n’est guère brillant. À peine installée, la nouvelle majorité municipale voit ses opposants incapables de s’unir. Pas même capables de former un seul groupe. Chacun dans son camp. Chacun dans sa stratégie. Ou dans ses rancœurs. Pourquoi ? Parce que les querelles d’hier n’ont jamais disparu. Parce que le pouvoir perdu continue de hanter les esprits. Ou, plus simplement, parce que Franck Proust et Julien Plantier ne croient plus l’un en l’autre. Résultat : la droite est en miettes. Et deux hommes qui espèrent, en silence, que l’autre renoncera. La suite s’annonce à peine différente. À l’Agglomération, dans une semaine, même scénario. Opposition éclatée. Voix dispersées. Pendant que, face à eux, les autres blocs avancent groupés. Ils assisteront, impuissants, à l’installation de Vincent Bouget à la présidence de Nîmes métropole. Soutenu par des maires visiblement convaincus par une nouvelle méthode, une nouvelle manière de gouverner. Une page se tourne. Une autre s’écrit. Sans eux. Difficile, dans ces conditions, de ne pas y voir une leçon. Amère. Mais limpide. Trop longtemps protégés par l’ombre de Jean-Paul Fournier, certains n’ont pas vu le paysage changer. Aujourd’hui, ils en paient le prix. Reste une question : peuvent-ils encore exister politiquement ? Peuvent-ils reconstruire, alors que les départementales approchent déjà ? Une chose semble acquise : il n’y aura pas de place pour deux. L’un devra céder. Et dans l’ombre, certains s’organisent déjà. Le sénateur Laurent Burgoa, notamment, qui entend reprendre la main. Rassembler ce qui peut encore l’être. Et ramener dans le giron des Républicains ceux qui avaient quitté le navire… avant le naufrage.
Publié il y a 1 h -
Mise à jour le 08.04.2026 - Abdel Samari - 2 min
ÉDITORIAL Le temps des héritiers perdus
Julien Plantier et Franck Proust
- Photo Objectif GardEntre querelles de personnes et absence de ligne commune, l’opposition nîmoise s’enfonce dans l’impuissance.
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Abdel Samari