Publié il y a 1 h - Mise à jour le 02.04.2026 - Abdel Samari - 2 min  - vu 302 fois

ÉDITORIAL Le vrai troisième tour des municipales

Nîmes métropole

- Photo Anthony Maurin

Dans les intercommunalités, les présidences se négocient et dessinent déjà les choix politiques des sept prochaines années.

Après les municipales, voici venu le véritable troisième tour. Celui qui ne se joue pas dans les urnes, mais dans les couloirs des intercommunalités. Dans les EPCI, communautés de communes et d’agglomération, la bataille pour la présidence est lancée. Derrière les discours rassurants de certains maires, la réalité est un peu différente : il s’agit de choisir une ligne politique pour les sept prochaines années. Entre une gouvernance de gauche et une autre plus à droite, les priorités, les arbitrages et les investissements ne seront pas les mêmes. Même si bien sûr, il s'agit d'un projet de territoire dont l'objectif est de faire consensus. Mais à une condition : que les promesses du maire de la ville centre s’alignent sur celles de l’ensemble des élus communautaires. Sans cela, les tensions sont inévitables. Car c’est bien là que tout se joue désormais. N'oublions pas que les intercommunalités pilotent aujourd'hui l'essentiel des politiques qui transforment concrètement le quotidien : transports, transition écologique, développement économique, gestion des déchets… Des compétences majeures. À Nîmes, la question des inondations est très importante aussi. Protéger les populations, aménager le territoire, anticiper les risques : ce sont des choix lourds et coûteux. Face à une dette qui reste pour l’instant soutenable. Mais pour combien de temps ? Dans un contexte économique incertain, les marges de manœuvre pourraient rapidement se réduire. Sans compter que certains dossiers brûlants arrivent à échéance. À commencer par celui de l’eau. La délégation de service public, aujourd’hui entre les mains de Veolia depuis la présidence d'Yvan Lachaud, sera remise sur la table. Faut-il poursuivre avec un opérateur privé ? Revenir en régie ? Le débat va s'ouvrir. Le nouveau maire de Nîmes Vincent Bouget l’a rappelé durant la campagne : l’eau est un bien commun. Mais entre principe et réalité, les arbitrages seront complexes. Surtout qu'aujourd'hui la facture de l’eau n'est pas la plus élevée de France et l’expertise des grands opérateurs constitue un atout essentiel. Alors, est-ce qu'un compromis est possible ? Peut-être. Mais à quel prix, et pour quel bénéfice réel pour les habitants ? Dans le Gard rhodanien, le scénario est encore plus politique. Pascale Bordes, députée RN, a conquis la mairie de Bagnols, la ville-centre. Une victoire qui rebat les cartes. Face à elle, une majorité de maires s’organise. Objectif : empêcher l’extrême droite de prendre la tête de l’agglomération. L'idée est donc de confier la présidence à un maire expérimenté, issu d’une plus petite commune, mais capable de rassembler. Un homme de consensus, fin connaisseur des rouages institutionnels, aujourd’hui premier vice-président du Département. Reste qu'il faudra convaincre les Bagnolais. Leur faire comprendre qu’il ne s’agit pas de marginaliser leur ville, mais d’éviter que les tensions politiques ne fragilisent davantage un territoire industriel déjà sous pression. Car au fond, c’est bien de cela qu’il s’agit : savoir si l’intérêt général primera sur les calculs politiques.

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