À peine les municipales terminées, la nouvelle mandature connaît ses premières polémiques. La « trêve républicaine » ? À Nîmes, on ne connaît pas. D’ailleurs, du côté du RN, trêve il n’y a jamais eu : Julien Sanchez a contesté, vendredi, le résultat de l’élection au tribunal administratif. Et ce n’est pas tout. Lors du conseil municipal d’installation, ce même vendredi, les nouveaux élus ont voté le montant des indemnités. Dans la cité des Antonin, tout le monde en bénéficie : maire, adjoints et conseillers municipaux, qu'ils aient une délégation ou non*. Opposition comprise. Ces règles étaient déjà en vigueur sous la précédente majorité de Jean-Paul Fournier. L’enveloppe indemnitaire s’élève à 69 000 € bruts mensuels, à laquelle s’ajoutent deux majorations de 25 % chacune : l’une au titre du statut de chef-lieu du département, l’autre en raison du classement de Nîmes en station touristique. À noter que le maire ne bénéficie pas de cette seconde majoration. Lors du conseil municipal, le RN et la droite se sont abstenus. Pourquoi ? « C’est vous qui l’avez mis à l’ordre du jour... C'est un héritage de l'ancienne majorité », répond Vincent Bouget à ses opposants de droite. Une défense maladroite qui donnait l’impression, à tort, que cette délibération est mauvaise. Pire, qu'elle avait été préparée il y a quelques mois. Or, ce dispositif date de plusieurs années. La rédaction a consulté le bulletin de paie d'un ancien adjoint de la municipalité Fournier : 2 863 € bruts, en février dernier. Une somme identique à celle inscrite dans la délibération, votée vendredi. Alors oui, la gauche n’a pas baissé ses indemnités. En même temps, elle ne l’avait pas promis, contrairement au candidat Julien Plantier. Cette polémique rappellera deux choses à Vincent Bouget. La première : Il vaut mieux ne pas sous-estimer ses adversaires à une époque où le moindre sujet, dès qu’il exige d’entrer un peu dans le détail, se transforme immanquablement en polémique. Et enfin qu’en politique, le symbole, ça compte. Surtout quand la campagne de la liste Nîmes en commun portait sur les inégalités et la volonté de rupture avec les sortants.
*À Poulx, il est vrai que le montant des indemnités du maire et de ses adjoints a baissé. Mais cette baisse est mécanique, le maire ayant décidé de rémunérer aussi ses élus municipaux avec délégation en conservant la même enveloppe indemnitaire.